Le pacte du feu sous les cendres

Sensual line-art illustration of an intimate couple in tender embrace

# Une étincelle dans la routine Le silence du salon était un lourd compagnon de vingt ans, aussi familier que le motif usé du canapé. La télévision déversait une lumière bleutée sur les visages d’Camille et Lucas, assis côte à côte mais sé

Chapitre 1

Le silence du salon était un lourd compagnon de vingt ans, aussi familier que le motif usé du canapé. La télévision déversait une lumière bleutée sur les visages d’Camille et Lucas, assis côte à côte mais séparés par un gouffre d’habitudes. Les enfants dormaient depuis longtemps. Camille tournait machinalement l’anneau d’argent à son lobe percé, son regard perdu dans le vide. Ses cheveux blonds, échappés de son chignon, frôlaient ses taches de rousseur. À ses côtés, Lucas, solidement campé dans son fauteuil, fixait l’écran sans le voir, ses mains aux doigts épais posées sur ses cuisses.

C’est elle qui rompit le silence, d’une voix plus douce que d’ordinaire, comme si elle craignait de briser quelque chose de fragile.

« Tu te souviens de notre pacte ? » murmura-t-elle, sans le regarder.

Lucas tourna lentement la tête vers elle. Ses yeux sombres rencontrèrent ses yeux bleus, et quelque chose d’éteint depuis longtemps sembla vaciller. « Quel pacte ? »

« Celui de ne jamais laisser le feu s’éteindre. Même sous les cendres. »

Il ne répondit pas tout de suite. Son regard parcourut le contour de son visage, les courbes familières de son corps sous son t-shirt, les tatouages discrètement visibles sur son avant-bras. Il avait toujours aimé ses formes, sa manière de les porter avec une assurance tranquille qui, ces derniers temps, s’était muée en une sorte de résignation. Leurs vingt ans, leurs deux enfants, toute cette vie construite ensemble… c’était devenu une forteresse confortable et étouffante.

« Les cendres sont épaisses, Em’ », finit-il par dire, sa voix rauque.

Elle se tourna alors complètement vers lui, posant ses pieds nus sur le sofa entre eux. La lumière de la télé jouait sur le métal de son piercing. « Et si on soufflait dessus ? Pas gentiment. Pas en espérant une petite flamme. » Elle marqua une pause, le maintenant dans son regard intense. « Et si on jetait de l’essence ? »

Un sourire presque imperceptible effleura les lèvres de Lucas. Il connaissait cette lueur dans ses yeux. C’était celle des folies consenties, des désirs murmurés à l’aube. « De l’essence ? »

« Oui. » Elle se pencha légèrement en avant, baissant encore le ton, comme si elle partageait un secret d’état. « On en prend une, chacun. Une esclave. Pour nous. Pour raviver… tout. »

Le mot « esclave » résonna dans le salon paisible, incongru et électrifiant. Ce n’était pas une suggestion, c’était une proposition nucléaire. Lucas sentit une onde de chaleur parcourir son ventre. Ce n’était pas de l’excitation immédiate, mais quelque chose de plus profond, plus dangereux : l’éveil d’un appétit qu’il croyait assoupi. Il imagina une présence féminine, soumise à ses désirs, à leurs désirs. Il imagina Camille, observant, dirigeant, désirant.

Il ne demanda pas « pourquoi » ou « comment ». Il plongea dans le bleu de ses yeux et vit l’accord tacite, le défi, la soif. La tension entre eux n’était plus celle de l’ennui, mais celle d’un fil électrique tendu à craquer, vibrant d’une énergie nouvelle.

« Une chacune ? » répéta-t-il, sa voix maintenant teintée d’une curiosité sombre.

Elle hocha la tête, un lent mouvement qui était une promesse. « Pour commencer. »

Le silence revint, mais il était totalement différent. Chargé. Palpable. Il n’y avait pas eu un seul contact, pas une caresse, pas un baiser. Juste des regards, des mots choisis, et la silhouette endormie de leur routine conjugale qui venait de se fissurer pour laisser entrevoir un abîme de possibles interdits et brûlants. Ils se regardaient, et dans le reflet de leurs pupilles, l’avenir immédiat prenait la forme troublante et excitante d’une inconnue aux cheveux bruns et aux yeux timides, prête à être découverte. Le premier coup de pioche était donné. La nuit qui s’annonçait ne serait pas comme les autres.


Chapitre 2

Le rire d’Camille, cristallin et libre, fusa dans le salon. Elle se renversa contre les coussins du canapé, une main sur le ventre.

« Putain, mais c’est ça ! La baby-sitter ! » s’exclama-t-elle, les yeux brillants d’une gaieté qu’il n’avait pas vue depuis des lustres.

Lucas sourit, un vrai sourire cette fois, qui fit craquer les rides autour de ses yeux. « Ou le jardinier. Un beau gosse muscleux qui passerait la tondeuse… et autre chose. »

« T’es un vicieux, » murmura-t-elle, pointant un doigt accusateur vers lui. Mais son sourire était complice, et son regard avait cette lueur chaude qui lui faisait toujours l’effet d’un coup de poing dans le ventre. « Bon, sérieusement. On fait comment ? On va pas mettre une annonce sur Le Bon Coin : “Couple quadra cherche esclave sexuelle, CV et photo en maillot obligatoires”. »

« Non, mais on peut être subtils. » Lucas se pencha en avant, les coudes sur les genoux. L’excitation du projet commençait à le gagner, une énergie électrique qui remplaçait la lourdeur de tout à l’heure. « On a besoin de quelqu’un à la maison, non ? Les gosses, le jardin qui part en jungle… »

« Exactement. » Camille se redressa, prenant une posture de chef de projet. « Donc, liste des compétences requises. Pour elle, d’abord. »

Elle compta sur ses doigts. « Un : être fiable avec les enfants. Ça, c’est la base, la couverture. Deux : être discrète, évidemment. Trois :… être jolie. Très jolie. »

« Objectif, subjectif, ça ? » taquina Lucas.

« Totalement subjectif. Je la veux à mon goût aussi, tu sais. » Elle lui lança un regard qui lui fit comprendre que ce jeu était à deux, pleinement. « Je la veux douce d’apparence, mais avec un petit quelque chose dans le regard… un truc qui dit qu’elle est pas là juste pour lire des histoires. »

Lucas hocha la tête, l’estomac noué d’un désir soudain et intense. Imaginer cette femme, choisie par eux deux, était déjà un aphrodisiaque puissant. « Pour lui, alors. Le jardinier. Fiable aussi. Fort. Bon avec ses mains… »

« Très bon avec ses mains, » renchérit Camille, sa voix devenue rauque. « Et un cul à croquer, dans un jean usé. »

Ils se regardèrent, et un nouveau fou rire les prit, nerveux, chargé de désir partagé. Ils venaient de dessiner les contours de leurs fantasmes les plus classiques, et le fait de les énoncer à voix haute, ensemble, les rendait réels, excitants, et drôles.

« Bon, » reprit Lucas en se calmant. « On poste deux annonces. Une pour une gouvernante-baby-sitter à temps plein, logée. Une pour un jardinier à mi-temps. On fait des vrais entretiens, on vérifie les compétences… et on garde l’œil ouvert pour l’étincelle. »

« L’étincelle ? » répéta Camille, un sourcil levé.

« Ouais. Le regard qui traîne un peu trop longtemps. La rougeur qui monte quand on se penche trop près. La petite tension dans la voix. » Il se leva et vint s’asseoir à côté d’elle, sur le même coussin. Leur cuisse toucha la sienne. « On souffle doucement sur les braves candidats… et on voit laquelle prend feu. »

Elle se tourna vers lui, si proche qu’il sentait la chaleur de son corps à travers le tissu. Son parfum, familier et soudain enivrant, l’enveloppa.

« Et le premier qui craque… » murmura-t-elle, ses lèvres à quelques centimètres des siennes.

« Est à nous, » acheva-t-il, sa voix un grondement bas.

Il ne l’embrassa pas. Le désir entre eux était un instrument à cordes tendues à l’extrême, et chaque vibration, chaque non-contact, était plus intense qu’une étreinte précipitée. Leur pacte venait de prendre forme : une chasse à deux, un piège sensuel qu’ils allaient tendre dans le terreau banal de leurs besoins domestiques. La nuit était maintenant pleine de promesses silencieuses et de plans murmurés, et l’attente, soudain, était la chose la plus excitante du monde.


Chapitre 3

La tension se rompit dans un geste brutal et silencieux. Lucas ne dit pas un mot. D’une main ferme, il saisit la nuque d’Camille, ses doigts s’enfonçant dans ses cheveux blonds défaits. De l’autre, il fit claquer sa braguette ouverte.

« Prends-la, » gronda-t-il d’une voix si rauque qu’elle en était méconnaissable.

Il guida sa tête vers son entrejambe, exposant son érection à l’air frais du salon. Camille n’eut pas un instant d’hésitation. Elle ouvrit la bouche et l’engloutit d’un mouvement vorace, un gémissement étouffé vibrant contre sa peau. Elle suçait avec une avidité qu’il ne lui connaissait plus, une faim retrouvée.

« C’est ça… oh putain, Em’, c’est ça… » haletait-il, les yeux rivés au spectacle de ses lèvres roses s’activant sur sa queue.

Mais la fureur qui les tenait était trop grande pour se contenter de cela. Au bout de quelques minutes à peine, alors qu’elle le pompait à pleine bouche, Lucas la saisit de nouveau par les cheveux et l’arracha à lui.

« Pas comme ça, pas maintenant, » grogna-t-il, sa bouche couvrant la sienne dans un baiser sauvage, cannibale. Il la mordilla les lèvres, lui volant son souffle, plus occupé à la posséder par là qu’à se laisser sucer.

Puis, dans un mouvement fluide et puissant, il la retourna. Le poids de son corps plaqua Camille contre les coussins du canapé, le visage enfoui dans la toile. Il agrippa ses hanches, releva son short de pyjama d’une main brutale.

« Tu la veux, ton essence ? » demanda-t-il, la pointe de son sexe dur pressant contre son entrée déjà trempée.

« Oui ! » cria-t-elle, la voix étouffée par le tissu. « Donne-la moi ! »

Il n’eut pas besoin qu’on le lui dise deux fois. D’une poussée unique, il la pénétra jusqu’à la garde. Un cri rauque leur échappa à tous les deux. Elle était serrée, brûlante, et l’accueillait avec des contractions convulsives.

La cadence fut immédiatement furieuse, animale. Il la prenait à pleines brassées, ses coups de boutoir faisant gémir le canapé. Le claquement de leurs chairs nues résonnait dans le silence de la maison, mêlé à leurs halètements.

« C’est ça… c’est ça que tu voulais ? » grondait-il à chaque enfoncement.

« Plus fort… » gémissait-elle, les doigts crispés sur les coussins. « Oh mon Dieu, Lucas… comme ça… »

La vague monta trop vite, irrépressible. La vision de leur plan torride, le goût d’elle encore dans sa bouche, le sentiment de la reprendre après des années de routine… tout convergea en un point de fusion explosive dans le ventre de Lucas.

« Je vais… je vais venir… » avertit-il, la voix brisée.

« Lâche-toi, » hurla Camille. « Donne-moi tout ! »

Un dernier coup de reins, profond, saccadé, et il explosa en elle. Un long grognement rauque lui échappa tandis qu’il se vidait par jets brûlants, son corps arc-bouté sur le sien, tremblant de tout son être. Elle se contracta violemment autour de lui, son propre orgasme la submergeant dans un silence électrique, son corps secoué de soubresauts muets.

Longtemps, ils restèrent ainsi, collés l’un à l’autre, haletants, baignés d’une sueur nouvelle. Le silence retomba, mais il était différent, chargé du souvenir brut de ce qui venait de se passer.

Lucas se retira doucement, s’affaissant à côté d’elle sur le canapé défait. Il passa un bras sous sa tête, l’attirant contre son torse moite. Ils restèrent sans parler, à écouter leurs cœurs s’apaiser.

« Alors, » murmura finalement Camille, traçant un cercle sur son pectoral. « On poste ces annonces demain ? »

Un rire bas, satisfait, gonfla la poitrine de Lucas. « Demain. »


Chapitre 4

Trois jours. Trois jours où la boîte mail ne désemplit pas. Trois jours passés à scruter des photos de CV, assis côte à côte devant l’écran de l’ordinateur portable, dans une complicité électrique renouvelée.

« Trop sévère », commentait Camille, un doigt pointé vers le portrait d’une femme à la quarantaine austère.
« Trop… évident », renchérissait Lucas en passant la candidature d’un jeune homme au sourire de star de télé-réalité.

Ils avaient filtré, choisi, convoqué. Et cet après-midi-là, le salon était redevenu une scène d’entretiens. Une gouvernante trop bavarde. Une autre qui sentait fort le patchouli. Un jardinier dont les mains tremblaient visiblement. Rien. Aucune étincelle. Aucun de ces regards fuyants, de ces rougeurs subtiles qu’ils guettaient comme des prédateurs.

Lassés, ils raccompagnèrent le dernier candidat, un type à l’air sérieux qui ne semblait voir dans le jardin qu’une surface à désherber. Lucas referma la porte avec un soupir.

« Bon. C’était nul », conclut Camille, les bras croisés.
« Totalement. On reprend les recherches dem… »

Un coup de sonnette timide les interrompit.

Ils échangèrent un regard. Ils n’attendaient plus personne. Intrigués, Lucas rouvrit la porte.

Sur le perron, se tenait Manon. Leurs voisins de gauche. Elle avait, quoi, dix-huit ans ? Peut-être dix-neuf. Elle était là, mignonne à croquer dans son jean slim et son pull trop large, ses longs cheveux châtains ramenés en une queue de cheval qui accentuait son jeune visage. Un cartable à l’épaule.

« Bonjour, Lucas… Bonjour Camille », dit-elle d’une petite voix, les joues légèrement roses. « Je… je suis désolée de vous déranger. J’ai vu l’annonce. Celle pour la baby-sitteuse et aide à la maison. »

Camille s’approcha, se plaçant dans l’encadrement de la porte à côté de son mari. Son regard expert balaya la jeune fille. Fraîche. Innocente. Un corps délicat à peine formé, mais avec des courbes prometteuses sous le gros pull.

« Ah oui ? » fit Camille, sa voix douce, presque maternelle.
« Oui. Je… je cherche à financer mes études. Je suis en première année de lettres. Les horaires seraient parfaits. » Elle tripotait la sangle de son sac. « Je garde déjà mes petits cousins, j’ai des références… »

Lucas la regardait, le ventre soudain noué d’une excitation sombre et immédiate. *La petite voisine.* Si proche. Si… disponible. Il sentit le regard d’Camille sur lui, lourd de complicité. Elle avait vu la même chose que lui.

« Tu devrais entrer, Manon », proposa Camille en s’effaçant avec un sourire. « On en parle cinq minutes. On vient juste de finir les entretiens, tu arrives pile au bon moment. »

La jeune fille franchit le seuil, un peu hésitante, jetant un coup d’œil au salon confortable. Elle ne voyait pas le regard qu’Camille et Lucas échangèrent par-dessus sa tête. Un regard de chasseurs venant de repérer une proie parfaite, naïve, et à portée de main.

« Assieds-toi », dit Lucas, désignant le canapé, sa voix un peu plus grave que d’habitude. « Raconte-nous un peu. Qu’est-ce que tu sais faire, exactement ? »

Manon s’assit, droite, ses mains posées sur ses genoux. Elle ne savait pas. Elle ne savait absolument pas ce qui l’attendait.


Chapitre 5

« Entrons dans les détails, veux-tu ? » proposa Camille, d’une voix de velours qui contrastait avec l’intensité du regard qu’elle échangea avec Lucas.

Manon s’assit sur le bord du canapé, raide comme une planche, son cartable posé sur ses genoux comme un bouclier. Lucas prit place dans son fauteuil, campant une posture paternelle et sérieuse, les doigts joints sous son menton. La comédie pouvait commencer.

« Pour être clairs, commença Lucas, il s’agit d’un poste à plein temps, logée ici même. Tu aurais ta chambre, bien sûr. Ta mission première serait la gestion des enfants :nous avons deux filles une de 8 ans et une de 15 ans. Le lever, le petit-déjeuner, le trajet à l’école. Les activités du mercredi. Le bain, le dîner, le coucher. »

Camille enchaîna, se penchant légèrement vers la jeune fille. « Ensuite, il y a la maison. Un peu de ménage léger, le rangement quotidien, la préparation des repas simples pour les enfants. Le linge aussi : machine, repassage. Rien d’insurmontable pour une jeune femme organisée. »

Manon hocha la tête avec une vivacité presque soulagée. « Oui, oui, je vois. C’est tout à fait ce que je fais déjà pour ma famille ou mes cousins. Je suis très à l’aise avec les enfants, j’adore ça. Et je suis ordonnée. » Un petit sourire timide effleura ses lèvres. « Je pourrais… avoir des horaires aménagés pour mes cours à la fac ? Les miens sont le mardi après-midi et le jeudi matin. »

Lucas acquiesça aussitôt, un large sourire aux lèvres. « Bien entendu. Les études avant tout. On s’organisera. Tu auras tes après-midi de libre quand les enfants sont à l’école, et on ajustera pour tes cours. L’essentiel est que tu sois présente le soir et les week-ends. »

L’atmosphère semblait presque normale, professionnelle même. Manon se détendait visiblement, ses épaules descendant d’un cran.

« Venons-en à la contrepartie, » enchaîna Camille, sa voix soudain plus douce, plus intime.

Manon se raidit à nouveau, attentive.

« Tu seras logée ici, nourrie, blanchie. Tout est pris en charge, continua Lucas. Ta chambre serait au premier, confortable. La nourriture est familiale, tu manges ce qu’on mange. »

« Oui… c’est très généreux », murmura Manon.

« Pour ce qui est de l’argent de poche… » Lucas marqua une pause théâtrale, croisant le regard d’Camille où dansait une lueur férocement amusée. « Nous proposons cent cinquante euros par semaine. En liquide. »

Le chiffre tomba comme une pierre dans l’eau calme. Manon cligna des yeux. Cent cinquante euros pour un emploi à plein temps ? Même logée… c’était dérisoire. Une vague de rougeur monta à ses joues, mêlée de confusion.

« Je… c’est un peu… », bégaya-t-elle.

« Et puis », coupa doucement Camille en se levant pour venir s’asseoir sur le bras du fauteuil de Lucas, sa main posée sur son épaule dans un geste de possession tranquille. « Il y a les avantages en nature. Les *plaisirs* que tu recevras. Et ceux que tu donneras. »

Les mots flottèrent dans l’air pendant un instant, trop énormes pour être compris immédiatement. Manon les regarda tour à tour, son cerveau cherchant désespérément une autre interprétation à cette phrase. Le sourire complice d’Camille, le regard sombre et appuyé de Lucas fixé sur elle… La pièce sembla brusquement manquer d’oxygène.

« Beaucoup de plaisir à recevoir et à donner », répéta Lucas très distinctement, sans quitter son visage des yeux.

La compréhension frappa Manon de plein fouet. Le sang quitta ses joues si brutalement qu’elle en devint livide, sa peau pâle contrastant violemment avec ses cheveux châtains. Ses doigts se crispèrent sur la sangle de son cartable au point de blanchir les articulations.

« Vous… vous voulez dire… », haleta-t-elle dans un souffle coupé.

Camille sourit pleinement cette fois-ci, un sourire de chatte qui a coincé la souris dans un coin sans issue.

« Exactement cela, ma chérie », murmura-t-elle


Chapitre 6

Le coup de sonnette déchira le silence paisible du samedi après-midi. Lucas, qui triait du courrier dans l’entrée, leva les yeux vers Camille. Elle était debout dans l’encadrement de la porte du salon, un verre à la main, le visage fermé. Deux jours d’une déception sourde et d’une attente électrique. Ils n’avaient pas reparlé de Manon, mais elle flottait entre eux, ce fantôme d’une occasion manquée, trop naïve, trop fragile.

Lucas ouvrit la porte.

Elle était là. Manon. Les mêmes cheveux châtains en désordre, le même jean, le même cartable. Mais ses yeux, baissés vers ses baskets, n’avaient plus la même innocence. Ils étaient marqués par la honte et une détermination nerveuse.

« Bonjour, Monsieur, » murmura-t-elle, sans oser le regarder.

« Manon. Entre. »

Elle obéit, se faufilant dans l’entrée comme une ombre. Camille s’était approchée, silencieuse, observant la scène avec l’intensité d’un prédateur évaluant le retour d’une proie.

« Assieds-toi, » dit Camille, sa voix neutre, presque froide.

Ils retournèrent au salon, dans les mêmes positions que l’autre fois. La tension était palpable, mais d’une nature différente : moins de jeu, plus de cruauté potentielle.

« Je… je suis désolée pour l’autre fois, » commença Manon, les mots précipités. « J’ai paniqué. C’était trop… trop direct. Je n’ai jamais… je suis inexpérimentée. J’ai eu peur. »

Lucas se pencha en avant, les coudes sur les genoux. « Et aujourd’hui, tu n’as plus peur ? »

« Si. Mais… différemment. » Elle releva enfin les yeux, et son regard alla de l’un à l’autre, cherchant quelque chose. « J’en ai parlé. À un ami. Il… il a trouvé l’idée intéressante. Pour lui aussi. »

Un silence. Camille échangea un regard avec Lucas. Un éclat vif passa dans ses yeux bleus.

« Explique-toi, » ordonna doucement Camille.

Manon inspira profondément. « Il s’appelle Lucas. Il cherche un travail, il est bon de ses mains, il fait du jardinage. Il… il serait intéressé par le poste. Celui de jardinier. » Elle marqua une pause, sa langue passant sur ses lèvres sèches. « Et moi… je suis revenue pour le poste de baby-sitter. Pour de vrai, cette fois. En acceptant… tout ce que ça implique. »

Le « tout » résonna, chargé de toutes les promesses obscènes de leur premier entretien.

« Ton ami, Lucas, il est au courant de *tout* ce que le poste implique ? » demanda Lucas, sa voix devenue un murmure rauque et chargé.

Manon rougit violemment, mais elle soutint son regard. « Oui. Je lui ai tout dit. Il a dit… qu’il était curieux. Qu’il voulait rencontrer. »

Camille posa son verre avec un petit clic sec. Un sourire lent étira ses lèvres. Ce n’était plus une souris. C’était un apprenti qui revenait, et qui amenait un ami dans le terrier. La perspective était infiniment plus excitante.

« Et toi, Manon, » chuchota Camille en se levant pour venir s’accroupir devant elle, à sa hauteur. « Qu’est-ce que tu veux, maintenant que la peur est passée ? »

La jeune fille frémit. Le regard d’Camille était un puits sans fond. « Je… je veux apprendre. Recevoir. Et… donner. »

Lucas sentit une chaleur immédiate et brutale lui serrer le bas-ventre. La soumission dans la voix de Manon était réelle, cette fois. Ce n’était plus une proposition abstraite. C’était un contrat qui se scellait.

« Bien, » dit Camille, en posant une main sur le genou de Manon. La jeune fille sursauta, mais ne recula pas. « Alors voici ce que nous allons faire. Tu vas rester ici, maintenant. On va commencer tout de suite. Et tu vas appeler ton ami Lucas. Tu lui dis de venir demain matin. Pour son entretien. »

Elle appuya sur le mot « entretien » avec une inflexion qui en disait long.

Manon hocha la tête, hypnotisée. « D’accord. »

« Et pour notre premier cours… » continua Camille, sa main remontant lentement le long de la cuve de son jean. « Tu vas regarder. Regarder comment je fais plaisir à mon mari. Et tu vas apprendre à ne plus avoir peur de ce que tu désires. »

Elle tourna la tête vers Lucas, et son sourire était une promesse de feu. La chasse était relancée. Et cette fois, ils avaient deux proies à apprivoiser.


Chapitre 7

« Alors on y va, ma belle, » murmura Camille, sa voix basse et ferme. Elle se leva de son accroupissement, glissa une main dans celle de Manon et la tira doucement vers le centre du salon. « Ici. Tu restes debout. Tu regardes. Et surtout, tu écoutes. »

Manon obéit, plantée comme un piquet, les bras le long du corps. Son souffle sifflait légèrement. De l’autre côté de la pièce, Lucas s’était adossé au chambranle de la cheminée, un sourire sombre aux lèvres. Il défaisait lentement sa ceinture.

« Tu sais ce que tu regardes, Manon ? » demanda Camille en se plaçant face à Lucas, ses mains remontant le long de son torse.

« Je… je crois, » souffla la jeune fille.

« Non. Tu ne crois pas. Tu *sais*. Dis-le. »

« Une… une fellation. »

« Bien. » Camille baissa la fermeture éclair de son jean avec un claquement sec. « Et aujourd’hui, c’est un cours magistral. »

Au milieu du salon, Camille s’agenouilla pour sucer Lucas. Une bouffée de chaleur et de tabac mêlés l’enveloppa. Elle prit son temps, contournant d’abord la tête de sa queue du bout de la langue, savourant la texture de velours tendu sur le granit. Puis elle l’engloutit profondément, jusqu’à sentir le contact au fond de sa gorge.

Lucas lui fixa son regard sur Manon qui baissait les yeux. Ses paupières papillonnaient, mais ses pupilles étaient dilatées, noires de curiosité terrifiée.

« Regarde, » gronda-t-il, sa voix rauque. « Elle veut que tu voies. »

Camille déploya tout son savoir-faire, en y rajoutant le plus de bruit possible. Des claquements humides, des glouglous étouffés, des inspirations bruyantes par le nez. Elle accentua chaque mouvement, théâtralisa chaque descente, chaque remontée lente où sa langue faisait le tour de la base. Elle s’arrêta, le regarda droit dans les yeux.

« Elle est douce, ta petite nouvelle ? » demanda-t-elle, la bouche encore pleine.

Lucas gloussa, une main s’enfonçant dans ses cheveux. « Pas encore. Mais on va lui apprendre. »

Lucas observa Manon regarder du coin de l’œil et frotter ses cuisses, troublée d’une excitation nouvelle et grandissante. Le tissu de son jean crissait, un mouvement nerveux et compulsif. Elle avait mordu sa lèvre inférieure au sang.

« Tu as chaud, Manon ? » demanda Camille en reprenant son rythme, plus vite, plus fort. « Tu bandes, dans ta petite culotte ? »

La jeune fille émit un gémissement étranglé, un « oui » à peine audible.

La pression en Lucas monta, un étau de plaisir brut qui lui tordait les entrailles. La vue de Manon, fascinée et se touchant à travers son pantalon, l’excitation performative et salace d’Camille… c’était trop. Son souffle se rompit.

« Em’… je vais… »

« Montre-lui, » haleta-t-elle, sans cesser son mouvement, les yeux levés vers lui. « Montre-lui ce que tu me donnes. »

Lucas céda et se versa dans la bouche d’Camille. Un grognement rauque lui échappa tandis qu’il se vidait par pulsations brûlantes, les doigts crispés dans ses cheveux blonds. Camille garda les yeux grands ouverts, fixant Manon, et avala chaque goutte avec une lenteur obscène, un claquement final de langue.

Le silence qui suivit ne fut brisé que par leur respiration haletante. Manon avait cessé de bouger, les mains plaquées sur ses cuisses, le visage en feu.

Camille se releva, essuya le coin de sa bouche du dos de la main. Elle s’approcha de la jeune fille tremblante.

« Ton tour, maintenant, » chuchota-t-elle en posant une main sur sa joue brûlante. « Tu appelles Lucas. Et tu lui dis de venir tout de suite. Pas demain. Maintenant. » Son autre main se posa sur le ventre de Manon, s’enfonçant doucement. « Parce que ce feu, ma puce… il commence tout juste. Et tu vas nous aider à l’alimenter. »


Chapitre 8

Le téléphone glissa des mains tremblantes de Manon, atterrissant sur le canapé avec un bruit mou. La respiration de la jeune fille sifflait, un rythme paniqué qui soulevait son buste menu. Elle ne savait plus où poser son regard, où mettre ses mains. La scène, la chaleur, l’odeur musquée qui flottait encore dans l’air… tout l’écrasait.

Lucas s’approcha. Il avait remonté son jean, mais sa présence était encore lourde de ce qui venait de se passer. Il ne la toucha pas, se contentant de se placer devant elle, brisant son champ de vision affolé.

« Manon, » dit-il, sa voix étonnamment douce, presque paternelle. « Respire. »

Elle cligna des yeux, fixant son torse.

« Écoute-moi bien, » continua-t-il, en s’agenouillant lentement pour être à sa hauteur. Son regard sombre était intense, mais sans menace. « Ce que tu as vu… ce n’est pas un spectacle gratuit. C’est une invitation. Emilie et moi, ce qu’on cherche, ce n’est pas une femme de ménage ou une baby-sitter. »

Il marqua une pause, laissant les mots résonner dans le silence brûlant.

« On cherche une esclave sexuelle. »

Le terme, prononcé avec cette douceur calculée, frappa Manon de plein fouet. Elle eut un petit hoquet.

« Ce n’est pas un contrat de travail, » expliqua Lucas, posant une main légère sur son genou. Elle tressaillit, mais ne recula pas. « Il n’y a pas de fiche de paie, pas de charges. Il y a du désir, du jeu, et nos règles. La seule règle absolue, c’est que tu peux partir. À tout moment. Si ça ne te plaît plus, si tu as peur, si tu ne le désires plus… tu dis “stop”, et c’est fini. Tu sors par cette porte, et on ne te retient pas. On ne te harcèle pas. Compris ? »

Manon déglutit avec difficulté. Son regard erra vers Camille, qui observait la scène, adossée à la cheminée, un sourire énigmatique aux lèvres. Puis il revint sur Lucas. Elle voyait la franchise dans ses yeux. La brutalité de leur désir, mais aussi la clarté du cadre. C’était monstrueux. C’était terrifiant. Mais c’était… clair.

« Je… je comprends, » murmura-t-elle, sa voix cassée. Elle inspira profondément, redressant légèrement les épaules. Une lueur nouvelle, trouble mais résolue, s’alluma dans son regard. « J’accepte la situation. »

Un coup frappé à la porte, net et rapide, fit sursauter tout le monde.

« Parfait, » souffla Camille en se redressant, son sourire s’élargissant. « Juste à temps. » Elle se tourna vers Manon, et sa voix prit une teinte d’acier. « Tu ne bouges pas d’ici. Tu restes. Tu observes. L’entretien de Lucas… tu en fais partie. »

Lucas se releva et alla ouvrir. Sur le seuil, un jeune homme aux épaules larges, vêtu d’un sweat-shirt usé, sembla surpris par la rapidité.

« Lucas ? » demanda Lucas, sa voix redevenue neutre, presque cordiale.

« Ouais, c’est moi. Manon m’a dit de venir vite, pour le boulot de jardinage ? »

« Entre. »

Lucas entra, jetant un regard curieux autour du salon luxueux. Son regard se posa sur Manon, assise raide sur le canapé, le visage encore empourpré. Il lui adressa un petit signe de tête inquiet. Elle lui rendit un sourire fragile, forcé.

Camille s’avança, la démarche féline. Elle toisa Lucas, des bottes de travail jusqu’aux yeux verts légèrement méfiants.

« Alors, Lucas, » commença-t-elle, croisant les bras sous sa poitrine. « Manon t’a expliqué le principe ? On a besoin de quelqu’un d’entretenu… et de très disponible. »

Lucas hocha la tête, ses mains enfoncées dans les poches de son jean. « Pour le jardin, ouais. Je suis flexible. »

« Flexible, » répéta Lucas en refermant doucement la porte à clé. Le petit clic résonna dans le silence soudain. « C’est exactement la qualité qu’on recherche. »


Chapitre 9

Le silence qui suivit l’entrée de Lucas était chargé d’une tension que le jeune homme perçut immédiatement. Son regard se porta vers Manon, figée sur le canapé, avant de revenir sur Lucas et Camille.

« Asseyez-vous, Lucas, » dit Lucas d’un ton professionnel, désignant le fauteuil en face du canapé.

Lucas s’installa, mal à l’aise. « Manon m’a dit que vous cherchiez un jardinier ? J’ai pas mal d’expérience, je fais les tailles, les tontes, l’entretien des massifs… Je peux aussi m’occuper des petites réparations dans la maison, si besoin. »

Camille fit un petit tour autour du fauteuil, comme un fauve. « C’est très complet, en effet. Mais Manon t’a… expliqué *tout* ce que l’emploi impliquait ? Les horaires, la disponibilité ? »

Lucas jeta un nouveau coup d’œil à son amie. Elle évitait son regard. « Elle a dit que c’était flexible. Et que c’était… particulier. »

« Particulier, oui, » renchérit Lucas, s’asseyant sur le bras du canapé près de Manon. « Ta copine a accepté un poste très spécial ici. Un poste qui ne figure sur aucun contrat. »

Les yeux verts de Lucas se fixèrent sur Manon. Il vit la peur, mais aussi une excitation trouble dans son regard baissé. Les pièces du puzzle s’assemblèrent brutalement dans son esprit. La gêne de Manon au téléphone, l’urgence dans sa voix, l’atmosphère épaissie de la pièce… et cette odeur musquée, douceâtre.

« Putain, » souffla-t-il, ses pupilles se dilatant soudain. « C’est ça ? C’est… *ça* ? »

Camille s’arrêta net devant lui, un sourire de victoire aux lèvres. « Tu as compris. Parfait. Cela signifie que l’entretien de jardinage est terminé. Il va maintenant se prolonger sur une deuxième partie. Une partie pratique. »

Elle se tourna alors vers Manon, sa voix changeant, devenant un ordre clair et froid. « Manon. Je te pose la question une dernière fois, devant ton ami. Acceptes-tu ton poste ? Es-tu notre esclave ? »

La jeune fille leva les yeux. Elle regarda Lucas, dont le visage exprimait un mélange de stupéfaction et d’éveil brutal. Puis elle regarda Camille, puis Lucas. Elle respira un grand coup, et sa voix, bien que tremblante, fut claire.

« Oui. J’accepte. »

« Bien, » dit Camille sans quitter Lucas des yeux. « Dans ce cas, prouve-le. Déshabille-le. »

Un flot de sang empourpra le visage et le cou de Manon. Elle se leva, les jambes flageolantes, et s’approcha de Lucas. Ses doigts tremblaient si fort qu’elle eut du mal à saisir le bas de son sweat-shirt. Elle tira dessus maladroitement, évitant son regard.

« Dépêche-toi, » murmura Lucas, observant la scène avec une intense concentration.

Le sweat passa par-dessus la tête de Lucas, révérant un torse large et légèrement musclé, travaillé par les travaux manuels. Manon s’accroupit ensuite, défit ses lacets et retira ses bottes. Puis ses doigts hésitèrent sur la boucle de sa ceinture. Lucas, le souffle court, la regardait faire sans un mot, son excitation déjà visible sous le tissu de son jean.

« Le jean, aussi, » ordonna Camille.

Manon défit la ceinture, la braguette, et tira le jean le long de ses jambes. Lucas, en caleçon de coton gris, était maintenant presque nu au milieu du salon. La forme de son érection tendait le tissu.

Camille s’avança alors. Elle se planta directement devant lui, à quelques centimètres, et leva son regard vers le sien.

« Maintenant, Lucas, écoute-moi bien, » dit-elle, sa voix basse et impérieuse. « Tu veux le poste ? Tu veux être à nous, avec elle ? »

Il hocha la tête, incapable de parler.

« Alors prouve-le. » Elle marqua une pause, les yeux plongés dans les siens. « Baise-moi. Ici. Maintenant. »

Sans attendre, elle attrapa le bord de son t-shirt et le fit glisser par-dessus sa tête d’un geste vif. Puis elle dégrafa son jean, le poussa le long de ses hanches et le laissa tomber à ses pieds. Elle n’avait rien en dessous. Sa chatte blonde et humide était exposée, offerte à quelques centimètres de lui.

Un grognement rauque s’échappa de la poitrine de Lucas. Il se débarrassa de son dernier vêtement d’un mouvement brusque, libérant sa queue raide et déjà luisante. Il n’y eut plus de questions, plus de paroles. Il saisit Camille par les hanches et la souleva, la portant contre le mur près de la cheminée. Elle enroula ses jambes autour de sa taille, ses talons se creusant dans ses fesses.

« Regarde, Manon, » gronda Lucas, attirant la jeune fille contre lui, face à la scène. « Regarde comment on prend ce qui nous appartient. »

Lucas chercha l’entrée, la trouva, et s’enfonça d’un coup puissant et profond dans le corps d’Camille. Un cri rauque et satisfait lui échappa. Elle griffa ses épaules, sa tête renversée contre le mur.

« C’est ça ! » haleta-t-elle. « Prends-moi ! Montre-nous ce que tu sais faire ! »

L’étreinte était brutale, primitive. Le claquement de leurs chairs qui se rencontraient emplissait la pièce, rythmé par les gémissements rauques de Lucas et les encouragements sales d’Camille. Manon, serrée contre Lucas, les observait, fascinée et terrifiée, sentant la propre excitation de l’homme durcir contre son dos. La scène était à peine commencée, et le salon paisible était déjà transformé en arène de leurs désirs les plus crus.


Chapitre 10

Le rythme de Lucas contre le mur s’emballait, ses hanches un piston sauvage. Dans un mouvement vif, il tourna la tête vers Lucas et Manon, son regard ivre de possession et de défi.

« Manon ! » haleta Camille, saisissant les cheveux bruns de Lucas pour garder son visage tourné vers eux. « À genoux ! Maintenant ! Lèche-moi les seins pendant qu’il me baise ! »

La jeune fille sursauta, comme tirée d’une transe. Sous la pression de la main de Lucas dans son dos, elle se défit et s’agenouilla lourdement sur le tapis, entre le couple enlacé et son maître observateur. Elle tendit une main tremblante vers le sein d’Camille, qui se balançait au rythme des coups de boutoir. Sa bouche se dirigea vers le mamelon durci.

Mais elle n’eut pas le temps de le toucher.

Un grognement rauque, presque animal, jaillit de la gorge de Lucas. Son corps se raidit brutalement, ses mains agrippant les hanches d’Camille comme des étaux. Sa queue, enfoncée au plus profond d’elle, se mit à palpiter violemment.

« Oh non… non, attends ! » cria Camille, mais il était trop tard.

Une pulsation chaude et liquide explosa en elle, un jaillissement intime qui marquait une fin prématurée. Lucas trembla de tout son corps, les yeux révulsés, son orgasme le vidant en quelques secondes de frissons convulsifs. Puis il s’affaissa, la tête contre le mur, le souffle rauque, son sexe déjà mollissant glissant hors d’Camille avec un bruit mouillé.

Le silence fut soudain, glaçant. Seuls les halètements de Lucas le troublaient.

Camille se dégagea de son étreinte lâche. Elle se laissa glisser le long du mur, ses cuisses luisantes. Son visage n’exprimait pas la satisfaction, mais une frustration colérique. Elle regarda la semence de Lucas dégouliner le long de sa cuisse intérieure, puis leva les yeux vers Lucas.

« Tu vois ? » dit-elle, d’une voix tranchante comme du verre. « Absolument aucune maîtrise. »

Lucas hocha lentement la tête, une lueur calculatrice dans le regard. Il relâcha Manon, qui était restée à genoux, figée, la bouche encore entrouverte dans son geste interrompu.

« C’était… rapide, » murmura Lucas, honteux, reprenant son souffle.

« Rapide ? C’était pathétique, » corrigea Camille sans le regarder. Elle se tourna vers Manon. « Et toi, tu n’as même pas eu le temps d’obéir. Deux échecs. »

Lucas s’accroupit devant les deux jeunes gens, prenant un ton professoral et froid. « Écoutez-moi bien. Votre premier emploi, votre seule mission ici, ne sera pas de tondre la pelouse ou de faire le ménage. Ce sera d’apprendre. Apprendre à connaître votre corps, le nôtre, et surtout… apprendre à jouir. »

« Et surtout *quand* jouir, » enchaîna Camille, se relevant avec une grâce féline. Elle attrapa une serviette sur le canapé et s’essuya avec une lenteur démonstrative. « La jouissance n’est pas un accident. C’est une récompense. Elle se mérite, se contrôle et se donne. Vous n’avez manifestement aucune idée de comment faire. »

Lucas baissait la tête, rouge de confusion et d’humiliation. Manon frissonnait, le regard perdu au sol.

« Alors voilà ce qui va se passer, » conclut Lucas en se relevant. « Le poste commence demain. Nous vous attendons à dix heures précises. Habillez-vous… simplement. Vous n’aurez pas besoin de ces vêtements très longtemps de toute façon. »

Camille croisa les bras sur sa poitrine nue, dominant la scène de toute sa hauteur. « Votre première leçon portera sur la patience. Et sur le fait qu’ici, on ne vient que lorsqu’on vous l’ordonne. Compris ? »

Les deux têtes acquiescèrent silencieusement.

« Bien. Maintenant, ramassez vos affaires et sortez. » Elle fit un geste du menton vers la porte. « Nous avons besoin de parler, Lucas et moi. De cette décevante… première séance. »

Sous le regard impitoyable de leurs nouveaux maîtres, Lucas et Manon ramassèrent leurs vêtements en hâte et se rhabillèrent dans un silence de plomb. La porte se referma sur eux, laissant Camille et Lucas seuls dans le salon désormais lourd du parfum musqué du sexe et de l’échec.

Lucas s’approcha d’Camille, passant une main sur la courbe de sa hanche. « Ils sont malléables. Complètement vierges de tout ça. »

Elle se laissa faire, un sourire cruel retroussant ses lèvres. « Parfait. On va leur apprendre. Et en leur apprenant… » Elle se tourna vers lui, collant son corps encore humide contre le sien. « … on va se tout rappeler, nous. Dix heures demain. La vraie chasse commence. »


Chapitre 11

Le message arriva à neuf heures, un simple « Entrez. La porte est ouverte. » Manon et Lucas échangèrent un regard lourd d’appréhension et de désir confus avant de pousser la lourde porte d’entrée.

Le spectacle les cloua sur le seuil. Dans le salon baigné de la lumière matinale, Camille était arc-boutée contre le grand canapé en cuir, les mains agrippant l’accoudoir. Lucas, derrière elle, la tenait fermement par les hanches, son corps puissant se retirant et s’enfonçant en elle avec une régularité obscène. Le claquement humide de leurs chairs s’unissait à leurs souffles rauques.

« Approchez, ne restez pas plantés là, » haleta Lucas sans interrompre son mouvement. Son regard brûlant croisa celui des deux jeunes. « Sur la table basse… il y a un formulaire… et un contrat. À remplir. Maintenant. »

Manon, le visage en feu, se dirigea d’un pas hésitant vers les documents. Lucas la suivit, incapable de détacher les yeux du couple. Camille tourna la tête, une mèche de cheveux blonds collée à sa tempe par la sueur.

« Le formulaire… liste vos expériences… vos limites… et vos interdits absolus, » gémit-elle, avant de laisser échapper un long soupir lorsque Lucas accentua son angle. « Soyez… honnêtes. »

S’asseoir et se concentrer relevait de la torture. Manon tentait de fixer les lignes du questionnaire, mais ses oreilles étaient remplies du chant brut de leur accouplement. À côté d’elle, la main de Lucas tremblait en tenant le stylo.

« Putain, ils… ils ne se cachent même pas, » murmura Lucas, la voix étranglée.

« C’est le but, idiot, » répliqua Manon, plus sèchement qu’elle ne le pensait, en cochant fébrilement des cases. « Expérience sexuelle… limitée. Limites… je sais pas… tout ce qui fait mal, je suppose ? »

« Moi je mets "rien d’anal", » chuchota Lucas, jetant un nouveau coup d’œil rapide. Lucas venait de saisir les seins d’Camille à pleines mains, les pressant avec force. Le rythme s’accélérait.

La tension dans la pièce montait en flèche, palpable, étouffante. Camille commença à gémir de plus en plus fort, des « oui » et des « là » entrecoupés qui semblaient diriger les coups de rein de son mari. Manon se sentit devenir moite, un picotement chaud et coupable au bas de son ventre. Elle croisa les jambes, serrant fort.

« Dépêchez-vous, » gronda Lucas, sa voix tendue à l’extrême. « Nous… nous n’allons pas pouvoir tenir… très longtemps. »

Ce fut une course contre la montre. Les deux jeunes griffonnèrent des réponses, se passant le stylo, leurs doigts se frôlant dans la hâte. Au moment où Manon signait en bas de la dernière page d’un trait nerveux, le son changea.

Un cri rauque, profond, jaillit de la gorge de Lucas. Son corps se raidit, se cramponnant à Camille. Presque simultanément, elle hurla, son propre corps secoué de violents soubresauts, ses doigts blanchissant sur le cuir. Leurs orgasmes les frappèrent avec une force visible, un déferlement brutal qui sembla décharger toute l’électricité de la pièce dans leurs chairs unies. Lucas se vida en elle avec des pulsations prolongées, un long grognement de satisfaction pure s’échappant de ses lèvres tandis qu’Camille, le visage enfoui dans le coussin, tremblait de tout son être.

Le silence qui suivit ne fut brisé que par leur respiration haletante, syncopée.

Lentement, Lucas se retira. Il attrapa une serviette posée près du canapé, s’essuya le ventre avec un détachement qui contrastait avec la violence de l’instant passé, puis en tendit une à Camille.

« Bien, » dit-il, reprenant son souffle, son regard clair et dominateur revenant vers Manon et Lucas. « Vous avez terminé ? »

Manon, incapable de parler, hocha la tête en tendant les feuilles. Lucas les prit, y jeta un coup d’œil rapide.

« Parfait. Le contrat, c’est pour la forme légale. Vous êtes embauchés. Officiellement. » Il fit un geste vers l’escalier. « Montez. Deux chambres vous attendent au premier, à gauche du palier. Prenez-en possession. Installez-vous. Nous vous laissons le reste de la matinée. »

Camille, s’étant enveloppée dans un peignoir de soie, s’approcha, un sourire las et satisfait aux lèvres. « Faites comme chez vous, mes petits. Enfin… dans les limites que vous venez de nous définir. » Son regard glissa sur leurs corps, comme pour en mémoriser les contours. « La vraie formation commence ce soir. »

Sous leurs regards, Manon et Lucas se levèrent, les jambes molles, et se dirigèrent vers l’escalier, emportant avec eux le souvenir brûlant de ce qu’ils venaient de voir et le pressentiment vertigineux de ce qui les attendait.


Chapitre 12

Les deux chambres étaient spacieuses, neutres et propres. Manon ferma la porte derrière elle et s’adossa contre le bois, le souffle court. La vision du couple en plein acte brûlait encore sa rétine. Elle entendit Lucas, de l’autre côté du mur, lancer un léger coup de pied dans un meuble.

En bas, le silence régnait à nouveau.

Dans le salon, Lucas feuilletait les formulaires, un verre de whisky à la main. Camille, toujours en peignoir, était lovée contre lui, son index suivant les lignes par-dessus son épaule.

« Regarde ça, » murmura Lucas, sa voix basse et intéressée. Il pointa la section « expériences » du formulaire de Manon.

Camille lut à voix basse, traçant les mots du doigt : « *Expériences : baisers, attouchements par-dessus les vêtements. Rien de plus.* » Elle leva les yeux vers son mari, une lueur triomphante dans le regard. « Elle a coché “vierge”. »

Lucas huma longuement son verre. « Et ses limites ? » Il tourna la page.

« Presque rien, » chuchota Camille, une excitation palpable dans sa voix. « Elle a rayé la case “rien d’anal” pour la cocher… puis l’a barrée à nouveau. Elle a écrit en marge : *“Je ne sais pas. Je veux tout découvrir.”* Seule limite absolue : *“La violence non désirée.”* »

Un lent sourire étira les lèvres de Lucas. « Une page blanche. Une ardoise vierge. Elle veut le sexe avec un grand S, c’est ce qu’elle a écrit en bas. » Il sentit une chaleur immédiate lui serrer le bas-ventre. L’idée était délicieusement perverse.

« Et Lucas ? » demanda Camille, se penchant pour attraper l’autre feuille.

« Expérimenté, mais basique. Quelques copines. Il a coché “pratique la fellation”, “a déjà fait du 69”. » Lucas parcourut la colonne des limites. « Lui, il a des barrières. Rien d’anal, point final. Pas de fessée trop forte. Pas de jeu d’humiliation publique. C’est un garçon simple. »

Camille se redressa, un plan se formant déjà dans son esprit. « Parfait. On a une innocente avide de tout… et un garçon avec des lignes rouges claires qu’on pourra pousser doucement. Le contraste va être… électrisant. »

Elle prit le verre des mains de Lucas pour y boire une gorgée. « Il faut qu’on se partage ça. Toi, tu t’occupes de l’éducation fondamentale de Manon. Moi, je m’occupe de Lucas. On échange nos impressions après chaque… session. »

Lucas posa une main sur sa cuisse sous le peignoir. « Tu veux que je lui apprenne tout ? Depuis le début ? »

« Depuis le tout début, » confirma Camille, ses doigts se refermant sur ceux de son mari. « Tu vas être son premier tout. Sa première bouche sur une queue. Sa première langue dans la chatte. Sa première pénétration. » Elle sentit son propre sexe palpiter à cette évocation. « Et moi, je vais apprendre à Lucas qu’une femme peut être bien plus qu’un trou à prendre. Qu’il peut servir, pas seulement jouir. »

En haut, Manon avait déballé son maigre sac à dos et rangeait nerveusement ses affaires dans la commode. Chaque bruit venant du salon lui faisait tressaillir. Elle s’allongea sur le lit, fixant le plafond.

De l’autre côté de la cloison, Lucas faisait les cent pas.
« Putain… » murmura-t-il pour lui-même.
Manon l’entendit.
« Lucas ? » appela-t-elle doucement en tapotant le mur.
Un silence, puis : « Ouais ?
— T’as vu… ce qu’ils ont écrit sur leurs formulaires ?
— Non. Toi ?
— Non. Mais ils nous ont vus signer les nôtres.
— Ouais… »

La voix de Lucas monta soudain de l’escalier, claire et autoritaire, brisant leur aparté.
« Reposez-vous bien ! La formation commence après dîner ! Manon, tu seras avec moi dans le bureau à vingt heures pile ! Lucas, tu attendras dans ta chambre qu’Camille vienne te chercher ! »

Un nouveau frisson parcourut Manon des pieds à la tête.
C’était réel.
Dans quelques heures, elle ne serait plus vierge de rien.
Et cette perspective la terrifiait autant qu’elle faisait naître en elle une pulsion chaude et insistante au crein de son ventre vide