Un regard troublant dans l'eau bleue

A man and a woman share an intense look by a pool, bodies close, a moment of silent ten...

# La Piscine L’eau de la piscine était froide contre sa peau, un soulagement bienvenu sous le soleil de plomb. Léa nageait d’une traite, ses longs cheveux blonds flottant derrière elle comme une traînée d’or pâle, puis s’accrochait au bord

Chapitre 1

L’eau de la piscine était froide contre sa peau, un soulagement bienvenu sous le soleil de plomb. Léa nageait d’une traite, ses longs cheveux blonds flottant derrière elle comme une traînée d’or pâle, puis s’accrochait au bord, le souffle court. La résidence était calme en ce samedi après-midi, presque déserte. Elle ferma les yeux, savourant la solitude, le léger clapotis de l’eau contre les margelles de mosaïque bleue. Elle était seule. Ou du moins, elle le croyait.

Un léger grincement métallique lui fit ouvrir les paupières. Près des transats, un homme venait d’apparaître. Karim. L’ami de son mari. Il portait un simple short de bain sombre, et sa peau luisait, bronzée et satinée par le soleil. Il ne l’avait pas encore vue. Elle le vit saisir le bord de son t-shirt, un mouvement vif et sûr, et l’ôter d’un seul geste. La musculature de son torse se dessinait, nette sous la lumière crue, et la barbe sombre qui encadrait sa mâchoire accentuait l’impression de force tranquille qu’il dégageait. Léa détourna aussitôt le regard, fixant les reflets dansants à la surface de l’eau, une chaleur qui n’avait rien à voir avec le soleil lui montant aux joues.

Le silence fut rompu par un « plouf » net et puissant. Elle sursauta légèrement. Il avait plongé. Elle entendit les perturbations dans l’eau, les mouvements souples et réguliers d’un bon nageur qui se rapprochait. Elle resta immobile, accrochée au bord, les doigts blanchis par la pression, sentant son cœur battre un peu plus vite sous sa combinaison de bain d’un bleu électrique.

Il émergea à quelques mètres d’elle, l’eau ruisselant sur ses épaules et dans sa barbe. Ses yeux, sombres et pénétrants, la trouvèrent immédiatement.

« Salut Léa. »

Sa voix était grave, légèrement rauque, portée par l’écho de la piscine. Elle parvint à articuler un « Salut » à peine audible, un sourire crispé aux lèvres. Il nagea lentement vers elle, jusqu’à ce qu’il soit assez près pour qu’elle perçoive la chaleur de son corps à travers la fraîcheur de l’eau. Il se tenait debout, l’eau lui arrivant à la poitrine, ses avant-bras musclés posés sur le bord de part et d’autre de son propre corps, l’encadrant presque.

« Tu profites seule ? » demanda-t-il, son regard ne quittant pas le sien. Il y avait une lueur dans ses yeux, quelque chose entre la curiosité et une assurance tranquille qui la fit se sentir nue, bien au-delà du simple maillot de bain.

Elle hocha la tête, incapable de détacher son regard du sien. L’espace entre eux était chargé d’une tension palpable, électrique. L’air semblait vibrer. Elle remarqua la façon dont ses lèvres se dessinaient sous sa moustache, la manière dont une goutte d’eau perla au bout d’une de ses mèches de cheveux noirs avant de tomber sur son épaule. Une pensée interdite, fulgurante et brûlante, traversa son esprit : il était d’une beauté sauvage, sexy d’une façon qui lui nouait l’estomac.

Mais elle était sérieuse. Elle était la femme de son ami. Elle refoula violemment cette pensée, la noya sous un flot de retenue, se concentrant sur la fraîcheur de l’eau contre ses clavicules. Pourtant, son corps semblait trahir sa raison. Sa respiration s’était faite plus superficielle, et elle sentait une excitation coupable éclore au plus profond d’elle, sourde et insistante.

« Il fait bon », dit-il simplement, sans rompre le contact visuel. Ce n’était pas une question, juste une constatation partagée dans l’intimité soudaine de ce bassin bleu. Il s’approcha encore imperceptiblement, réduisant l’espace à presque rien. Elle pouvait sentir le léger remous créé par ses mouvements venir caresser ses hanches, ses cuisses.

Le silence qui s’installa n’était pas vide. Il était plein de tout ce qui n’était pas dit, de tout ce que leurs regards échangeaient malgré eux. Léa lut dans ses yeux une invitation muette, une promesse de quelque chose d’intense, de passionné, qui faisait frémir toutes les fibres de son être aventureux. Mais elle restait clouée sur place, suspendue entre la bienséance et le désir naissant, brûlant de curiosité pour ce qui pourrait suivre, captivée par l’homme puissant qui la regardait comme si elle était la seule chose au monde en cet instant.


Chapitre 2

« Ton bronzage te va vraiment bien », dit-il, sa voix un peu plus basse, traînant sur les mots. Le compliment était simple, mais il résonna dans le silence humide comme une caresse. Son regard s’attarda sur ses épaules, sur la ligne de son décolleté où la peau pâle de sa combinaison contrastait avec le hâle doré.

*Et le tien aussi*, pensa-t-elle furtivement, saisi par l’image de son torse satiné, de cette peau sombre et luisante qui semblait aspirer la lumière. *Il est… craquant.* Le mot, puéril et juste, tourna dans sa tête, ajoutant à la chaleur diffuse qui l’envahissait.

Elle s’efforça de répondre par un simple « Merci », mais le mot resta coincé dans sa gorge. Un mouvement imperceptible dans l’eau, un ajustement de sa position, et la jambe puissante d’Karim effleura la sienne. Le contact fut bref, à peine plus qu’une pression fluide et fraîche, mais il électrisa Léa de la cuisse jusqu’au bas-ventre. Elle retint son souffle.

Elle n’osait pas bouger. Sortir de l’eau signifiait se mettre à nue sous son regard, trahir le tremblement de ses jambes, l’émoi visible qui devait marquer sa peau. Rester, c’était prolonger cet état de suspension dangereuse et délicieuse. Elle resta.

Le léger clapotis créé par leur respiration immobile faisait danser des reflets sur leurs visages. Une vague minuscule, née d’un mouvement de hanche d’Karim, vint lécher les bords de son maillot. Et dans son sillage, le dos de sa main, flottant paresseusement près de sa taille, frôla la courbe de sa hanche. Ce n’était pas un attouchement délibéré, juste une conséquence de l’eau, du hasard. Mais la sensation, à travers le tissu mouillé, fut d’une précision brûlante. Un point de contact minuscule qui irradia.

Elle avait chaud, soudain. Une chaleur interne, moite, qui contrastait violemment avec la fraîcheur de l’eau. Elle sentait son propre sang battre à ses tempes, au creux de ses poignets, plus bas, beaucoup plus bas, là où une lourdeur douce et coupable s’installait. Et elle le savait, avec une certitude qui fit vaciller son cœur. Elle lui plaisait. Ce n’était pas une supposition. C’était écrit dans la fixité sombre de son regard, dans la tension des muscles de sa mâchoire, dans ce silence qui en disait plus que des mots.

« Je… je dois sortir de l’eau », parvint-elle à dire, la voix étranglée, comme si elle avouait une défaite.

Il ne bougea pas, ne cessa pas de la regarder. Un léger sourire, à peine esquissé, toucha ses lèvres sous sa moustache. Il comprenait. Il comprenait tout.

« Déjà ? » murmura-t-il simplement, et ces deux mots sonnèrent comme une invitation à rester, à laisser l’eau et la tension les engloutir un peu plus.


Chapitre 3

Alors qu’elle se détournait, rougissante, une main douce mais ferme saisit son avant-bras. La traction était faible, mais suffisamment intentionnelle pour la faire pivoter. Elle se retrouva face à lui, le cœur cognant à grands coups contre sa cage thoracique.

Karim la tenait ainsi, son regard parcourant rapidement la terrasse vide et les fenêtres closes de la résidence. Une dernière vérification. Puis il ramena ses yeux sombres vers elle. Ses doigts, tièdes et mouillés, se refermèrent un peu plus sur sa peau.

« Léa », dit-il, et sa voix avait perdu toute nonchalance. C’était grave, chargé de vérité. « Il faut que tu saches. Tu me plais depuis le premier jour où je t’ai vue. Je t’ai trouvée incroyablement belle. Attirante à un point qui me rend fou. »

Les mots tombèrent entre eux comme des cailloux dans l’eau limpide, créant des remous en elle. Elle resta silencieuse, pétrifiée, incapable de protester ou de confirmer. Il profita de son mutisme, s’approchant lentement dans l’eau jusqu’à ce que leurs corps se frôlent. De sa main libre, il l’attira contre le rebord lisse et frais de la mosaïque, l’enserrant doucement entre le carrelage et sa propre masse.

Elle jeta un nouveau coup d’œil affolé par-dessus son épaule, terrifiée à l’idée qu’une silhouette apparaisse aux portes-fenêtres. La peur de l’être vu se mêlait à l’excitation sulfureuse de prendre ce risque. Et puis, il était là. Son corps musclé, dur et chaud, pressé contre le sien à travers le tissu mouillé de leurs maillots de bain. Elle pouvait sentir chaque plan de son torse, la puissance contenue dans ses cuisses contre les siennes.

Il profita de son silence et de sa paralysie mêlée de fascination. Sa main, celle qui ne tenait pas son bras, glissa de sa hanche jusqu’à sa cuisse. La caresse fut lente, sûre, la paume épousant la courbe de son muscle sous l’eau. C’était chaud, cette main. Une chaleur qui semblait traverser le néoprène et brûler directement sa peau. Léa ferma les yeux, un souffle tremblant lui échappant. Elle était à la fois scandalisée par son audace, choquée par ce qu’il venait de faire et de dire, et pourtant, irrésistiblement hypnotisée. Son corps, traître, répondait à ce contact, une onde de plaisir coupable irradiant depuis le point de contact vers son ventre, qui se serra de désir.

Sa main remonta le long de sa cuisse, s’attardant près de l’ourbe supérieure de son maillot. Elle sentit ses doigts frôler la couture, si près de l’endroit où elle commençait à brûler d’envie et de honte. Il ne forçait rien. Il attendait, sa respiration devenue plus marquée contre son front.

« Tu vois ? » murmura-t-il, sa bouche si près de son oreille qu’elle sentait son souffle. « Tu ne dis rien. »


Chapitre 4

Le mot « Stop » jaillit de ses lèvres, un souffle à peine audible, étranglé par la confusion. Son corps pourtant, traître, restait plaqué contre le rebord frais, une statue de chair tendue. Au fond d’elle, dans un endroit sombre et pulsant qu’elle refusait de nommer, une envie folle grondait : qu’il aille plus loin, qu’il efface cette ligne imaginaire qu’ils étaient en train de piétiner. Ce désir brûlant se mêlait à la peur aiguë d’être vu, un cocktail enivrant qui la paralysait.

Karim n’obéit pas au mot. Il n’obéit qu’au silence de son corps. Il se pencha, et sa bouche rencontra la sienne. Doucement. Un contact initial timide, presque questionneur, ses lèvres pleines et chaudes contre les siennes, sa moustache un duvet soyeux. Léa sursauta intérieurement, surprise. Elle ne dit rien. Elle ne bougea pas. Elle fut comme paralysée, non par la peur, mais par l’intensité de cette première sensation volée. Puis le baiser s’affirma, sa langue effleurant sa lèvre inférieure, cherchant l’entrée qu’elle finit par lui accorder dans un gémissement étouffé.

C’est alors qu’elle le sentit pleinement. À travers le néoprène mouillé de leurs maillots, la pression dure et insistante de son sexe contre son ventre. Une preuve tangible, chaude et palpitante, de son désir. Le sien répondit aussitôt, un flot de chaleur humide l’inondant malgré elle au plus intime, faisant du tissu de son bikini une seconde peau brûlante et gênante.

« Non… Arrête, vraiment », murmura-t-elle en repoussant doucement son torse, brisant le baiser. La panique l’emportait enfin sur l’engourdissement du plaisir.

Elle se retourna, saisit le bord de la piscine d’une main tremblante pour s’extraire de l’eau. Mais avant qu’elle ne puisse prendre appui, ses bras l’enveloppèrent par derrière, la ramenant contre lui avec une douce fermeté inexorable. Son dos rencontra son torse ruisselant, et elle sentit à nouveau la forme dure et longue de son sexe, cette fois pressée entre ses fesses nues, simplement séparée par la fine épaisseur de leurs maillots.

Il pencha la tête contre son épaule, ses lèvres frôlant son oreille. Sa voix était un murmure rauque chargé de vagues et de confession.

« Je n’ai jamais fait ça », avoua-t-il, son souffle chaud sur sa peau. « Tu es la femme de mon pote… Je le sais. Mais j’ai trop envie de toi. Une envie qui me ronge depuis des mois. »

Ses mains remontèrent lentement le long de ses flancs mouillés, s’arrêtant sous la courbe de ses seins, les paumes à plat contre ses côtes où son cœur battait la chamade.

« Et tu as envie aussi », chuchota-t-il, non comme une question, mais comme une vérité constatée dans le tremblement de ses cuisses, dans le souffle court qu’elle ne parvenait pas à calmer. « Je le sens. »

Ses doigts glissèrent vers l’avant, sous ses seins, effleurant les bas reliefs sensibles à travers le tissu. Léa ferma les yeux, un nouveau frisson parcourant sa colonne vertébrale alors que toute résistance verbale semblait avoir fondu dans l’eau chaude du bassin. Il avait raison. Elle était perdue.


Chapitre 5

« Il faut arrêter, murmura-t-elle, le regard fuyant vers les fenêtres des appartements. Quelqu’un pourrait nous voir… »

Elle avait prononcé cette phrase mécaniquement, un réflexe de bienséance, mais sa voix manquait de conviction. Et lui l’entendit. Il sourit dans le creux de son cou, un sourire de triomphe silencieux. Il ne se retira pas. Au contraire, il se pressa plus fermement contre elle, son torse ruisselant et chaud soudant son dos à lui. À travers la fine couche mouillée de leurs maillots, elle sentit le contour dur et long de sa queue avec une netteté absolue, ce poteau de chair palpitante qui s’imprimait entre ses fesses.

« Il n’y a personne, souffla-t-il contre sa peau, sa voix vibrante contre ses vertèbres. À cette heure-ci, tout le monde dort ou regarde la télé. C’est juste nous. »

Juste nous. Les mots résonnèrent dans le silence moite du bassin. Elle était perdue. La peur de l’être vue avait disparu, engloutie par la certitude physique, écrasante, de son excitation à lui. Et ça l’excitait. Follement. La sûreté de cette queue sur ses fesses, la puissance contenue dans ce torse qui l’enserraît… Elle se laissa aller contre lui, un abandon mouillé.

Ses mains, qui étaient restées sur ses flancs, se firent plus audacieuses. Elles glissèrent autour de son bas-ventre en une lente circumambulation, paumes ouvertes sur la peau tendre au-dessus de son pubis. Puis, elles descendirent d’un seul mouvement délibéré.

Elles vinrent se poser à plat sur son sexe.

Léa retint un cri. Ses doigts à lui ne pénétraient pas encore son maillot, mais la pression était directe, totale. La paume gauche recouvrait entièrement le mont de Vénus gonflé, tandis que les doigts droits s’étiraient vers l’arrière pour caresser le bord supérieur de son bikini contre son périnée. Le remous continu de la piscine les berçait doucement d’avant en arrière, faisant osciller son corps entre deux points de contact brûlants : la pression insistante de sa queue contre ses fesses d’un côté, et le poids chaud et possessif de ses mains sur son intimité de l’autre.

Alors il pencha la tête et posa ses lèvres dans le creux de son cou, juste sous l’oreille. Le baiser était doux et humide.

« Tu es si belle », murmura-t-il là, son souffle chaud pénétrant sa peau comme une seconde caresse.

Ses mains commencèrent à bouger lentement en harmonie avec la houle du bassin. Une friction ronde et continue que le tissu trempé transformait en caresse abrasive délicieuse. Sous ses paumes, sous cette mince barrière saturée d’eau et d’elle-même, Léa sentit tout se resserrer et s’ouvrir en même temps. Une onde de chaleur humide jaillit au plus profond d’elle-même et imbiba encore davantage son bikini.

Un gémissement lui échappa finalement – non un mot d’arrêt ou de protestation – mais un soupir rauque qui se perdit dans l’air bleuté du crépuscule naissant. Sa tête roula en arrière contre son épaule à lui, offrant davantage sa gorge à ses baisers. Elle n’avait plus peur d’être vue.

Elle avait seulement envie d’être prise.


Chapitre 6

« Doucement », souffla-t-il alors que sa main droite, lente et implacable, faisait glisser le tissu de son bikini sur sa hanche. Il contourna la courbe de sa fesse, ses doigts s’enfonçant dans le creux tendre et humide qu’il venait de découvrir. Sa paume s’aplatit, la pressant avec une possession tranquille. L’autre main remonta le long de son torse, ses doigts se refermant sur la courbe de son sein sous le tissu électrique. Ils étaient maintenant parfaitement emboîtés, son dos contre son torse, ses deux mains sous son maillot, l’encadrant, la possédant.

Elle frissonna violemment, et ce n’était pas le froid.

Ses lèvres effleurèrent la coque de son oreille, sa voix un murmure rauque qui se mêlait au clapotis de l’eau. « Je t’ai regardée nager. Tes mouvements… cette longueur parfaite. Je pensais à tes cuisses qui battaient l’eau, à cette force que tu caches. Et je me suis dit : je veux sentir cette force contre moi. Te sentir lâcher prise. »

Les mots, chargés d’images interdites, lui firent monter un flot de chaleur au visage et entre les cuisses. Elle tenta de se raidir, mais son corps n’obéissait plus. La caresse circulaire sur sa fesse devenait plus insistante, un massage profond qui faisait naître un désir coupable au creux de son ventre.

« Hey… doucement… », réussit-elle à articuler.

Le ton était censé être une réprimande. Il en sortit comme un gémissement suppliant, teinté d’une ironie douce-amère. Elle ne savait même plus comment réagir. Comment repousser cette main qui lui apportait un plaisir si précis, si interdit ? Chaque tentative de résistance mentale se dissolvait sous le poids chaud de sa paume sur sa peau, sous le souffle chaud dans son cou.

Il rit, un son bas et satisfait. « Trop tard pour la douceur, Léa. Regarde-toi. »

Il retira soudain sa main de son sein, la faisant passer devant son visage. Ses doigts luisaient, brillants d’une humidité qui n’était pas celle de la piscine. La lueur du crépuscule les fit scintiller.

« C’est toi », murmura-t-il, avant de porter ses doigts à ses lèvres à elle, les effleurant. Elle sentit le goût salé, intime, de son propre désir. Le choc de cette révélation la paralysa. Elle était trempée pour lui. Aussi mouillée que son maillot.

La honte et l’excitation se mêlèrent en un tourbillon qui lui coupa le souffle. Elle voulut détourner la tête, mais il la maintint doucement, sa barbe frottant sa tempe.

« Tu ne peux pas le refouler. Je le sens. Je le vois. Laisse-toi faire. Juste cette fois. »

Sa main reglissa sous son maillot, mais cette fois, elle contourna la courbe de sa fesse pour se diriger vers l’avant, vers le centre brûlant de sa nudité. Ses doigts effleurèrent les boucles humides de son pubis, puis le sillon brûlant qu’il cherchait.

Léa ferma les yeux, un long soupir lui échappant. Elle ne le repousserait pas. Elle ne pouvait plus. L’envie avait gagné, écrasante, délicieuse, terrifiante. Elle se laissa aller contre lui, tout son poids confié à ses bras, et tourna légèrement la tête. Son regard rencontra le sien, sombre et triomphant, à quelques centimètres. Dans ses yeux à elle, il n’y avait plus de combat, seulement une attente vibrante, une reddition offerte.

Alors il embrassa sa bouche, profondément, sa langue s’invitant dans un échange salé et passionné, tandis que ses doigts, enfin, trouvaient l’entrée palpitante de son sexe et commençaient un lent va-et-vient explorateur dans la chaleur de l’eau et la sienne.


Chapitre 7

Ses doigts en elle étaient une certitude. Un va-et-vient lent, puis plus rapide, puis lent à nouveau, qui creusait dans son ventre un désir à la fois douloureux et délicieux. Sa main libre, celle qui avait quitté son sein, remonta le long de son flanc, puis glissa entre leurs deux corps pressés pour venir se poser sur son pubis. Le pouce d’Karim trouva le petit nœud de chair tendue à nu, et se mit à le masser avec une pression circulaire, précise, implacable.

Le corps de Léa se cambra violemment, un gémissement étranglé dans sa gorge. La sensation était trop intense, trop directe, elle voulait fuir et s’offrir en même temps. « Oh mon Dieu… », haleta-t-elle, la tête renversée contre son épaule, les yeux fermés sur un ciel qui virait au mauve.

C’est alors qu’il resserra son étreinte. Il se colla plus fort contre elle, tout son torse plaqué contre son dos, et elle sentit, à travers le tissu mouillé de son short, la pression ferme et chaude de son érection. Il l’appliqua exactement contre la raie de ses fesses, épousant le creux humide de son bikini, et se mit à bouger ses hanches avec une lenteur suggestive, roulant son sexe tendu contre elle en un frottement aussi interdit que celui de ses doigts en elle.

C’était trop. La double stimulation, intérieure et extérieure, le frottement de son désir contre son corps, la main qui massait son clitoris en feu… Léa perdit pied. Le temps se dissout. L’espace aussi. Il n’y avait plus que cette piscine bleu sombre, cette chaleur qui montait en elle par vagues successives, et le corps puissant, déterminé, de l’homme qui la tenait. Quelques minutes avant, cette scène était inimaginable. Maintenant, elle était plus réelle que tout, la seule vérité de son univers.

Elle était perdue en lui, suspendue au bord d’un précipice merveilleux, ses doigts crispés sur ses avant-bras, sa respiration un râle saccadé. Elle allait tomber. Elle le sentait, cette tension qui se nouait, inexorable, au plus profond de son ventre…

« Maman ? »

La voix, claire et familière, traversa le jardin comme une lame.

Le choc fut physique. Léa se raidit, les yeux grands ouverts. Karim stoppa net tous ses mouvements, ses mains immobiles sur elle.

« Maman, tu es là ? » appela de nouveau la petite voix, plus proche, venue de la terrasse de la maison.

Dans une réaction de pure panique, Léa se détacha violemment de lui, ses mains repoussant ses bras. Le mouvement fut si brusque qu’elle faillit couler, avalant une gorgée d’eau. Elle toussa, recracha, le cœur battant à tout rompre. Karim recula d’un mètre, son visage fermé, ses yeux sombres passant de l’extase à une alerte froide en une seconde. Leurs regards se croisèrent, chargés de terreur et d’une excitation coupable à peine retombée.

« Je… je suis là, ma chérie ! » cria Léa, sa voix étranglée par la toux et l’émotion. « Je… je nageais ! »

Elle nagea vers l’échelle, ses membres tremblants, et sortit de l’eau d’un mouvement gauche. Elle sentait le regard d’Karim sur son dos, sur ses fesses à moitié découvertes par le bikini déplacé. Elle rajusta frénétiquement son maillot en montant les marches, l’eau froide de l’air du soir la faisant frissonner.

Quand elle se retourna, essoufflée, il était encore dans l’eau, adossé au bord, son torse ruisselant. Ses yeux la dévoraient, et dans leur profondeur, elle vit briller non pas de la peur, mais du défi. Un défi qui disait : *Ce n’est que partie remise.*

Puis il plongea sous l’eau, disparaissant dans le bleu de la piscine, comme un fantôme. Léa resta un instant figée, le corps encore vibrant de ses caresses, avant de se précipiter vers la maison, vers la voix de sa fille, le cœur en miettes et la chair encore en feu. Leur complicité avait failli être découverte. Mais elle n’était pas terminée. Elle le savait, avec une certitude qui lui serra la gorge.


Chapitre 8

La course dans l’escalier lui avait brûlé les poumons. Léa avait à peine répondu aux questions de sa fille, l’avait bordée à la hâte sous un prétexte d’histoire audio, avant de s’enfermer dans la chambre conjugale, le cœur un tambour fou dans sa poitrine.

La respiration haletante, elle marcha droit jusqu’à la baie vitrée. De là, on dominait le jardin et la piscine, maintenant illuminée par des spots immergés qui la faisaient ressembler à une plaque de saphir liquide.

Il était là.

Assis sur un transat en bordure du bassin, Karim s’essuyait lentement les cheveux avec une serviette blanche. La lumière des spots dessinait chaque muscle de son torse, chaque creux de ses abdos, chaque courbe de ses épaules larges. Il était immobile, tourné vers l’eau sombre, comme s’il contemplait le lieu de leur crime. Son short de bain sombre était toujours mouillé, collant à ses cuisses puissantes. Léa sentit une chaleur liquide et coupable se répandre en elle à ce seul spectacle. Son regard, malgré elle, descendit le long de son ventre, s’attarda sur la zone où le tissu épousait l’encombrement évident de son sexe, celui qu’elle avait senti dur et chaud contre elle.

*C’est de la folie.*

La pensée tournait en boucle dans son crâne, sur un ton de panique, mais son corps criait autre chose. Ses doigts se souvenaient du poids de ses avant-bras, sa peau gardait l’empreinte brûlante de ses mains, de ses doigts qui l’avaient ouverte dans l’eau. Là, entre ses cuisses, une sourde pulsation persistait, une mémoire physique de son toucher, de la pression de son pouce sur son clitoris, de la promesse de son érection contre ses fesses. Elle serra les jambes, un gémissement étouffé lui échappant.

En bas, comme s’il avait senti le poids de son regard, Karim leva la tête. Ses yeux sombres trouvèrent la fenêtre, la silhouette dans l’obscurité de la chambre. Il ne sourit pas. Il la fixa simplement, avec une intensité qui traversa la distance et la vitre. Puis, lentement, délibérément, il laissa tomber la serviette sur ses genoux et posa une main à plat sur son ventre, juste au-dessus de l’élastique de son short. Un geste de propriétaire. Un geste qui disait : *Je sais. Et tu sais.*

Léa recula d’un pas, comme frappée. Le désir et la honte se mélangeaient en un cocktail explosif dans ses veines. Elle avait besoin de fuir ce regard, de fuir cette tension qui lui nouait le ventre. Elle pivota et se précipita vers la salle de bain, refermant la porte derrière elle avec un clic sourd.

Sous la lumière crue du néon, son reflet dans le miroir la surprit : les joues écarlates, les yeux brillants d’une fièvre trouble, les lèvres encore gonflées par ses baisers. Elle posa ses mains sur le bord froid du lavabo, les doigts tremblants. L’image d’Karim dans l’eau, ses mains sur elle, son souffle dans son cou, revenait en boucle. La sensation de sa queue raide pressée contre le creux de ses fesses traversa son bas-ventre comme une décharge électrique.

Son propre regard dans la glace devint accusateur, puis suppliant. Elle baissa les yeux. Ses mains quittèrent la porcelaine froide et descendirent le long de son corps encore couvert du maillot de bain bleu électrique. Elle le retira d’un geste fébrile, le laissant tomber en tas humide sur le carrelage.

D’abord, ses doigts effleurèrent seulement la peau de son ventre, de ses hanches, comme si elle s’approchait du bord d’un précipice. Elle était timide, maladroite avec elle-même, gênée par l’intensité du besoin qui grondait en elle. Puis, le souvenir de ses doigts à lui, sûrs et experts, la submergea. Un souffle rauque lui échappa.

Elle glissa une main entre ses cuisses. La peau y était brûlante, tendue, déjà humide non pas d’eau de piscine, mais d’elle. Elle toucha son sexe gonflé, et un frisson violent la parcourut. D’abord, ce ne fut qu’un effleurement timide, des cercles lents et hésitants autour de son clitoris sensible. Mais l’image d’Karim se fit plus précise, plus impérieuse. Elle le revit, sortant de l’eau, son torse ruisselant, son regard noir de désir. Elle l’entendit murmurer son nom.

Alors, elle se lâcha.

Ses doigts s’enfoncèrent en elle, cherchant le rythme qu’il avait initié. L’autre main se porta à son sein, pinçant le mamelon durci, exactement comme il l’avait fait. Elle ferma les yeux, et ce ne fut plus son reflet qu’elle voyait, mais lui. Elle imagina qu’il était là, derrière elle dans cette salle de bain, son corps puissant plaqué contre son dos, ses mains couvrant les siennes pour guider ses mouvements.

Puis la scène bascula. Ce n’était plus la salle de bain. C’était la piscine, la nuit, l’eau tiède et noire autour d’eux. Dans son esprit, il ne l’embrassait plus avec tendresse. Il la retournait, brutalement, face au mur du bassin. Ses mains agrippaient ses hanches, l’arc-boutaient contre la mosaïque froide. Elle sentait son sexe dur et lourd contre l’entrée de son corps, une menace, une promesse. Il n’y avait plus de retenue, plus de peur d’être vue, plus d’interdits. Rien que le désir, sauvage et cru.

« Prends-moi », gémit-elle dans le silence de la pièce, ses doigts s’activant plus vite, plus profond.

Et dans sa tête, il la prenait. Il la défonçait. Une poussée violente, profonde, qui la clouait contre le mur, lui arrachant un cri étouffé. Puis une autre. Et une autre. Un rythme implacable, bestial, qui faisait claquer leur chair sous l’eau, qui la remplissait de lui jusqu’à la gorge. Elle imaginait sa main dans ses cheveux, tirant sa tête en arrière, ses doutes mordant son épaule, ses grognements dans son oreille. Elle se voyait, impuissante et consentante, offerte à sa force, à sa passion dévorante.

Ses hanches se mirent à bouger toutes seules, suivant le rythme de sa fantaisie, cherchant la friction parfaite. Elle était au bord du précipice, haletante, le corps en feu, perdue dans l’image de lui qui la possédait avec une force brute dans l’eau bleu nuit. Le plaisir montait, irrésistible, un tsunami prêt à tout balayer.

Soudain, un bruit sec dans la chambre – la porte qui s’ouvrait ? – la fit sursauter. Ses yeux s’ouvrirent brusquement, rencontrant son propre regard égaré et coupable dans le miroir. Ses doigts se figèrent, immobilisés à l’entrée de son corps. Le cœur battant la chamade, elle retint son souffle, écoutant.

Silence.

Ce n’était rien. Ou peut-être tout. La réalité qui frappait à la porte de son fantasme. Elle était seule, dans la salle de bain, en train de se toucher en pensant à l’homme de son mari. Et en bas, il l’attendait peut-être encore.

Elle retira sa main lentement, le corps encore tremblant de frustration et d’excitation. Le pic était passé, laissant derrière lui une vibration sourde, insatisfaite, et une certitude glaçante : ce qui venait de se passer n’était qu’un début. La folie n’était pas terminée. Elle était juste en suspens.


Chapitre 9

La nuit était un couloir sombre et fiévreux. Dans le grand lit, le souffle régulier de son mari berçait le silence. Léa, allongée à côté de lui, les yeux grands ouverts dans l’obscurité, brûlait. La couverture lui pesait, chaque friction du coton sur sa peau ravivait le souvenir d’une autre texture : celle des mains d’Karim.

Elle finit par sombrer dans un sommeil agité.

Et elle y était de nouveau. Sous la surface noire et miroitante de la piscine nocturne, ses mains à lui agrippaient ses hanches avec une voracité qui la faisait frémir de plaisir. Ce n’était plus une caresse, c’était une prise de possession. Dans le rêve, elle se retournait pour lui faire face, et il la fixait avec cette intensité dévorante. « Tu en veux ? » grondait sa voix, étouffée par l’eau ou par son propre désir. Elle ne reconnaissait pas sa voix à elle, rauque et suppliante : « Oui… prends-moi. »

Alors, ses doigts se refermaient sur l’élastique de son petit slip de nuit. Un craquement sec déchirait le silence du rêve. Le tissu cédait d’un seul coup, arraché, libérant sa chair offerte. Il la soulevait presque, la plaque contre le mur froid du bassin. Il n’y avait plus de douceur, plus d’hésitation. Juste l’urgence brutale de deux corps qui se cherchaient dans la violence du désir. Il entrait en elle d’un coup, profond, puissant, et le cri qu’elle poussait était un mélange de douleur et d’extase si vive qu’elle en tremblait. Il la prenait avec une force sauvage, chaque poussée un coup de boutoir qui la faisait se cambrer, chaque retrait une agonie exquise. Elle s’accrochait à lui, encourageant ce saccage de son propre corps, réclamant plus, toujours plus.

« Léa… »

Le murmure la tira violemment du rêve.

Elle ouvrit les yeux en sursaut, le cœur battant à tout rompre. La chambre était plongée dans le noir. À côté d’elle, son mari dormait paisiblement, tourné de l’autre côté. Ce n’était pas lui qui avait parlé. C’était l’écho du rêve.

Une vague de honte aussi froide que l’eau de la piscine l’inonda instantanément. Elle cligna des paupières dans l’obscurité, cherchant à chasser les images lascives qui collaient à sa rétine. Ses draps étaient en désordre, ses cuisses serrées l’une contre l’autre. Une chaleur humide et coupable persistait entre elles. *Mon Dieu*, pensa-t-elle, *j’ai rêvé ça. J’ai aimé ça.* Elle tourna lentament la tête sur l’oreiller pour observer le profil endormi de son mari. Sa respiration était calme et régulière. Un soulagement mêlé de culpabilité la transperça. Il n’avait rien vu. Il ne savait rien.

Mais son corps à elle savait. Il réclamait encore. Il se souvenait avec une précision obscène de la pression imaginaire qui l’avait traversée dans son sommeil.

Elle se retourna sur le dos, fixant les ombres du plafond. Le remords lui serrait la gorge. C’était mal. C’était profondément, terriblement mal. Elle était allongée près de l’homme qu’elle avait choisi, en rêvant avec une avidité coupable aux bras interdits d’un autre.

Pourtant, quand elle referma les yeux à contrecœur pour tenter de retrouver le sommeil, ce ne fut pas le visage apaisé de son mari qu’elle revit. Ce fut la barbe sombre d’Karim ruisselante sous les spots bleutés de la piscine, et le souvenir brûlant d’une promesse échangée dans un regard. Le désir resurgit, plus fort que la honte, traître et tenace.

La nuit serait encore longue.