Sous le regard électrique de Léa
# La Chaleur des Lumières Pâlissantes Le vacarme de la boîte de nuit était une masse pulsatile qui me serrait les tempes. Des stroboscopes découpaient les corps en tranches de mouvements saccadés, et l’air, saturé d’une odeur de sueur, de
Chapitre 1
Le vacarme de la boîte de nuit était une masse pulsatile qui me serrait les tempes. Des stroboscopes découpaient les corps en tranches de mouvements saccadés, et l’air, saturé d’une odeur de sueur, de parfum bon marché et d’alcool renversé, semblait épais à traverser. Je n’étais pas à ma place ici, sur ce tabouret de bar collant, à faire tourner le fond tiède de mon gin-tonic. Théo m’avait traînée ici, promettant une soirée folle, avant de disparaître dans la foule, probablement à la recherche d’une aventure plus intéressante que ma compagnie. L’insécurité, une vieille connaissance, grignotait les bords de mon assurance. Mon short en jean moulant me semblait soudain trop court, mon haut trop ajusté sur ma poitrine modeste.
C’est alors que je l’ai vue.
Elle traversait la piste comme si l’océan de corps s’écartait pour elle. Blonde, courte, avec une crête décolorée qui brillait sous les néons violets. Un corset en cuir noir lacé serré soulignait une taille fine et des courbes généreuses qui semblaient défier les lois de la physique. Ses yeux, d’un bleu électrique presque irréel, balayaient la salle avec une autorité tranquille. Des tatouages aux encre complexes serpentaient sur ses bras musclés, et le reflet des lumières accrochait le métal d’un piercing à sa lèvre inférieure, pulpeuse et provocante. Léa. Je connaissais ce nom. Théo en avait parlé, avec ce sourire en coin qu’il avait lorsqu’il évoquait quelque chose de précieux et dangereux. Sa petite amie.
Nos regards se sont croisés par-dessus les têtes. Pas un coup d’œil furtif, mais une collision. Ses yeux bleus ont semblu s’immobiliser, perçant le halo de fumée et le chaos pour m’atteindre droit au centre. Elle m’a souri. Pas un sourire poli, mais une expression lente, calculée, qui a commencé au coin de ses lèvres et a atteint ses yeux, les faisant scintiller d’une curiosité intense. Un frisson a parcouru ma colonne vertébrale, un mélange de peur et d’excitation pure. Je me suis sentie nue, examinée, désirée.
Je me suis détournée, le cœur battant la chamade, fixant mon verre comme s’il contenait toutes les réponses. Mais je sentais son regard sur ma nuque, sur la courbe de mon dos, sur la forme de mes hanches serrées dans le jean. Puis, le bruit a semblu s’estomper. Elle était là, à côté de moi, accoudée au bar. Son parfum m’a envahie, musqué, vanillé, avec une pointe de cuir. Il effaçait toutes les autres odeurs.
« Théo t’a laissée toute seule ? » a-t-elle dit, sa voix un peu rauque, portée juste assez pour dominer la musique. Elle n’a pas attendu de réponse. « Il est comme ça. Il voit un jeu intéressant et il oublie tout le reste. »
J’ai ris, un son nerveux. « Je ne suis pas un jeu. »
Ses yeux ont parcouru mon visage, s’attardant sur mes fossettes, puis descendant lentement, avec une insolence délibérée, vers mon décolleté, ma taille, pour finalement se poser sur mes mains qui serraient mon verre. « Non ? » a-t-elle murmuré. « Tout le monde est un jeu, chérie. La question est de savoir si tu veux jouer. »
Elle a commandé deux tequilas sans me quitter des yeux. Quand les verres sont arrivés, elle en a pris un, a plongé son doigt dans le sel, puis dans le citron. Elle a porté son doigt à ses lèvres, les a léchées lentement, sans cesser de me fixer. Le geste était obscène, hypnotique. Puis elle a poussé l’autre verre vers moi.
« Bois. »
Ce n’était pas une invitation. C’était un ordre doux, enveloppé de velours. Et contre toute attente, contre ma timidité naturelle, j’ai obéi. J’ai saisi le verre, j’ai renversé la tête en arrière et j’ai senti le liquide de feu couler dans ma gorge. Elle a fait de même, son cou blanc tendu, le pomme d’Adam de Théo absent de mon esprit. Quand elle s’est relevée, une goutte de tequila brillait sur son piercing.
« Viens, » a-t-elle dit simplement, prenant ma main dans la sienne. Sa paume était chaude, ferme, et ses doigts ont entrelacé les miens avec une possessivité qui a coupé mon souffle. Elle m’a tirée de mon tabouret, et je l’ai suivie sans résistance, comme aimantée. Elle ne m’a pas menée vers la piste, mais vers un couloir plus sombre, à l’écart des lumières principales, où des ombres s’étreignaient contre les murs. L’air y était plus chaud, plus intime.
Elle m’a plaquée doucement contre un mur frais, son corps se pressant contre le mien. Je pouvais sentir chaque courbe d’elle contre chaque courbe de moi. Ses seins généreux écrasés contre mes petits seins, son ventre contre le mien, ses cuisses contre les miennes. Elle a glissé une main dans mes cheveux bruns courts, m’attirant vers elle.
« Tu me regardes depuis que je suis entrée, » a-t-elle chuchoté contre ma bouche, son haleine chaude et sucrée par la tequila. « Ces grands yeux bleus pleins de curiosité… et de peur. Tu as peur de moi ? »
J’ai secoué la tête, incapable de parler. La peur était là, oui, mais submergée par un désir si aigu qu’il en était douloureux. Un désir que je n’avais jamais osé formuler, un attrait que j’avais toujours refoulé, s’éveillait avec une violence déconcertante.
« Bon, » a-t-elle murmuré, et elle a fermé la distance.
Son baiser n’a rien eu de doux ou d’exploratoire. Il était une prise de possession. Ses lèvres pulpeuses ont capturé les miennes, sa langue a forcé l’entrée de ma bouche avec une assurance qui a fait trembler mes genoux. Elle goûtait le citron, le sel, et quelque chose d’essentiellement *elle*. Sa main dans mes cheveux s’est resserrée, guidant mon mouvement, tandis que son autre main descendait le long de mon flanc, s’arrêtant à la courbe de ma hanche, puis glissant en dessous pour saisir fermement une fesse à travers le jean. Un gémissement m’a échappé, étouffé par sa bouche.
Elle a rompu le baiser, ses lèvres brillantes, ses yeux bleus devenus sombres, presque noirs dans la pénombre. « Tu as un cul parfait, » a-t-elle grogné, sa voix rauque de désir. Sa main a serré plus fort, massant la chair ferme à travers le tissu. « Je veux le voir. Je veux le goûter. »
Elle a baissé la tête, déposant une traînée de baisers brûlants le long de ma mâchoire, descendant vers mon cou. Ses dents ont effleuré ma peau, et j’ai arqué le dos, offrant plus d’accès. La musique était un battement sourd à travers le mur, un rappel du monde extérieur dont nous nous étions isolées. Ses doigts ont trouvé l’ourlet de mon haut et ont glissé en dessous, touchant la peau nue de mon ventre. Ses ongles étaient courts mais aiguisés, traçant des lignes de feu.
Puis, ses doigts ont rencontré la fermeture éclair de mon jean. Le bruit métallique a semblu terriblement fort dans notre petit espace. Elle a tiré lentement, l’entrouvrant juste assez pour glisser sa main à l’intérieur, sous ma culotte. Sa peau contre la mienne, chaude et déterminée.
« Tu es toute mouillée, » a-t-elle constaté d’une voix basse, triomphante. Elle a frotté la paume de sa main contre mon sexe rasé, créant une friction à travers le tissu fin de ma culotte. « Tu voulais ça depuis le début, hein ? Depuis que tu as vu qui j’étais à Théo ? »
Je n’ai pu qu’émettre un son inarticulé, ma tête renversée contre le mur, les yeux fermés, submergée par la sensation et par la vérité de ses paroles. Elle avait raison. Le désir, la jalousie, la curiosité interdite… tout s’était noué en un besoin insoutenable. Sa main a bougé, appliquant une pression précise, experte. Elle ne cherchait pas à me faire jouir, pas encore. Elle me faisait juste ressentir, intensément, chaque point de contact.
« Ouvre les yeux, » a-t-elle ordonné.
J’ai obéi. Elle me regardait, son visage à quelques centimètres du mien, une lueur de défi dans ses yeux bleus. « Tu veux plus ? »
Ma voix était un souffle rauque. « Oui. »
« Dis-le. »
« Je… je veux plus, Léa. »
Un sourire satisfait a étiré ses lèvres. Elle a retiré sa main, la portant à sa bouche pour en humer le parfum avant de la lécher, lentement, sans me quitter des yeux. Le spectacle était si incroyablement obscène, si dominateur, que mon ventre s’est retourné.
« Théo ne sera pas déçu, » a-t-elle dit, et son sourire s’est élargi, cruel et excitant. « Il adore regarder. »
La révélation m’a frappée comme une vague de chaleur. Le voyeurisme, le frisson interdit… c’était une partie du jeu. *Leur* jeu. Et elle m’y invitait. Elle a refermé la braguette de mon jean d’une pichenette, le contact métallique final résonnant comme une promesse.
« Pas ici, » a-t-elle dit, comme si elle lisait dans mes pensées. « Trop de monde. Mais la nuit est jeune, chérie. »
Elle a embrassé mon cou une dernière fois, une morsure douce qui allait laisser une marque, puis elle s’est écartée, ajustant son corset. Le monde sonore de la boîte de nuit s’est précipité sur moi à nouveau, assourdissant. Elle m’a pris la main, ses doigts se refermant sur les miens avec la même possessivité.
« Viens. On va retrouver ton… notre ami. On a une longue soirée devant nous. »
Et je l’ai suivie, le cœur battant à tout rompre, le goût d’elle encore sur mes lèvres, l’empreinte de sa main brûlante sur ma peau, et l’écho de ses paroles résonnant dans tout mon être. La tension n’avait pas redescendu. Elle venait juste de monter d’un cran, et je savais, avec une certitude effrayante et excitante, que ce n’était que le tout premier frisson.
Chapitre 2
Le mur était froid contre mon dos, mais tout le reste de moi brûlait. Sa main, habile et sûre, avait déjà trouvé le chemin sous le tissu léger de ma jupe. Le frôlement de ses doigts sur le satin trempé de ma culotte me fit tressaillir violemment.
« Tu vois ? » murmura-t-elle, ses lèvres collées à mon oreille, sa voix un ronronnement rauque qui se mêlait au battement sourd de la musique. « Tu es déjà toute mouillée pour moi. Théo adore quand je suis comme ça… toute offerte, toute chaude. Mais là, c’est pour toi. Rien que pour toi. »
Je ne pus que geindre, ma tête s’enfonçant dans le béton. Ses doigts appuyèrent, traçant le contour de mon sexe à travers le tissu, créant une pression exquise et torturante.
« Il aime regarder, tu sais, » continua-t-elle, comme si elle me confiait un secret pervers. « Il s’assoit dans l’ombre, et il observe. Il voit tout. Mais ce soir… ce soir, c’est toi qui vas sentir. C’est toi qui vas goûter. »
Son autre main remonta pour saisir mon visage, forçant mon regard vers le sien. Ses yeux bleus électriques brillaient d’une intensité effrayante. « Tu veux goûter, petite curieuse ? Goûter ce que je lui donne ? »
Je haletai, incapable de former un mot. Mon « oui » était dans le tremblement de mes cuisses, dans l’arche de mon dos qui se pressait contre sa paume. Elle le lut.
D’un mouvement vif, ses doigts glissèrent sous l’élastique de ma culotte. Le contact de sa peau nue, chaude et légèrement rugueuse, contre ma chair hypersensible, me tira un cri étouffé. Elle couvrit ma bouche avec la sienne, avalant le son, tandis que ses doigts exploraient sans hâte. Elle m’ouvrit, trouvant mon clitoris gonflé d’un simple effleurement.
« C’est là, hein ? » chuchota-t-elle entre deux baisers voraces. « C’est là que tu as si chaud pour moi. Pour nous. »
Elle commença un mouvement circulaire, lent, implacable. Une spirale de plaisir pur montait depuis mon bas-ventre, menaçant de me faire perdre l’équilibre. Je m’agrippai à ses épaules, mes doigts s’enfonçant dans le cuir de son corset.
« Léa… je… »
« Chut. Ressens. »
Elle ajouta un deuxième doigt, appuyant plus profondément, sans pourtant pénétrer. C’était une promesse, une menace délicieuse. La pression montait, un point de feu qui irradiait dans tout mon être. Je tournai la tête, enfouissant mon visage dans son cou, inhalant son parfum de musc et de peau salée. Ma respiration était devenue une suite de petits sanglots haletants.
C’est alors qu’elle ralentit. Juste au bord, là où le monde allait se briser en mille éclats blancs, elle retira presque toute pression, se contentant de frôlements légers, maddeningly doux.
« Pas encore, » murmura-t-elle, et je perçus le sourire dans sa voix. « Ce n’est qu’un avant-goût. Un échantillon. »
Elle retira sa main lentement, et le froid de l’air sur ma peau humide me fit frissonner. Elle porta ses doigts brillants à ses lèvres, les léchant avec une lenteur obscène, les yeux rivés aux miens.
« Délicieux, » déclara-t-elle, comme un verdict. Puis elle saisit ma main. « Maintenant, viens. Il est temps d’aller le retrouver. Il doit commencer à s’impatienter. »
Elle me tira du renfoncement obscur, me ramenant vers les lumières pulsantes et le vacarme. Mon corps vibrait tout entier, plein d’une électricité non résolue, chaque pas un rappel de son toucher. Le jeu, je le comprenais maintenant, venait à peine de commencer, et j’en étais déjà l’instrument parfaitement accordé, attendant le prochain mouvement de sa main.
Chapitre 3
La main de Léa dans la mienne était un fil brûlant qui me guidait à travers la jungle de corps en sueur. Nous avons quitté le couloir obscur pour revenir sur le parquet principal, et la musique m’a frappée de plein fouet, un contrepoint brutal à la chaleur intime qui couvait en moi. Chaque pas résonnait dans mon bas-ventre, un écho sourd et humide du toucher de ses doigts. Elle ne me lâchait pas, traçant notre chemin avec une autorité qui faisait reculer les gens.
« Il est où, tu crois ? » ai-je réussi à demander, ma voix étranglée.
Elle a jeté un regard par-dessus son épaule, un éclair bleu dans la pénombre. « Là où il a la meilleure vue. Toujours. » Son sourire était une lame. « Tu as peur qu’il ait tout vu ? »
J’ai avalé ma salive. « Je… je ne sais pas. »
« Si. Il a vu. » Elle s’est arrêtée près d’un pilier large, à la lisière de la piste et d’une zone légèrement surélevée avec des banquettes profondes. Ses yeux ont balayé l’ombre derrière les fauteuils en velours usé. « Et il a adoré. Regarde. »
J’ai suivi son regard. Dans le creux d’une banquette, à moitié caché par un rideau de perles qui cliquetait doucement, Théo était assis. Un verre à la main, il nous observait. La lumière stroboscopique éclairait par intermittence son visage : pas de jalousie, pas de colère. Juste une concentration intense, une fascination sombre. Ses yeux étaient rivés sur nous, et quand nos regards se sont croisés, il a simplement levé son verre dans un petit geste silencieux.
Un frisson m’a parcourue, différent de tout ce que j’avais ressenti auparavant. Ce n’était pas la peur d’être découverte, mais l’excitation vertigineuse d’être *regardée*. Désirée par elle, et observée par lui.
Léa m’a tirée contre le pilier, son dos faisant écran à la vue de la majorité de la salle, mais pas à celle de Théo. Elle était entre lui et moi.
« Il veut te voir avec moi, » a-t-elle chuchoté en collant ses lèvres à mon oreille. Sa main a retrouvé ma taille, glissant sous mon haut pour poser sa paume à plat sur mon ventre nu. « Il veut voir comment je te touche. Comment tu réagis à moi. »
Sa main était brûlante. Elle a dessiné des cercles lents, descendant peu à peu vers le bord de mon jean.
« Tu veux lui montrer ? » a-t-elle demandé, sa voix un mélange envoûtant de douceur et de défi.
Mon cœur battait à se rompre contre mes côtes. J’ai regardé par-dessus son épaule, vers l’ombre où Théo était tapi. Je ne pouvais plus distinguer ses traits, seulement la silhouette immobile, attentive.
« Oui, » ai-je soufflé, le mot m’échappant comme une confession.
Le sourire de Léa s’est élargi. « Bonne fille. »
D’un mouvement fluide, ses doigts ont crocheté la fermeture éclair de mon jean et l’ont abaissée de quelques centimètres de plus que dans le couloir. Le métal était froid contre ma peau brûlante. Puis sa main a plongé, sans hésitation cette fois, passant sous le satin trempé de ma culotte pour me toucher directement.
Je n’ai pu retenir un gémissement fort, ma tête tombant en arrière contre le pilier en béton.
« Plus fort, » a-t-elle ordonné doucement mais fermement. « Il doit entendre que c’est vrai. Qu’il ne rêve pas. »
Elle a inséré deux doigts en moi d’un seul coup profond, et un cri m’a échappé, étouffé par le vacarme environnant mais assez fort pour que mes propres oreilles bourdonnent. Sa pénétration était brutale, exquise, remplissant un vide que je n’avais même pas osé nommer.
« C’est ça, » a-t-elle grogné contre mon cou tout en commençant un va-et-vient lent et profond avec ses doigts courbes habilement. « Tu es si serrée… si chaude pour moi. Sens comme tu me serres les doigts ? »
Je pouvais seulement hoqueter en réponse, mes mains agrippées à ses bras musclés pour ne pas m’effondrer. Chaque poussée envoyait des ondes de plaisir brûlant depuis mon centre jusqu’au bout de mes orteils. Mes yeux se sont rivés malgré moi sur Théo dans l’ombre ; je pouvais presque sentir l’intensité de son regard comme un rayon tangible sur ma peau.
« Il bande dur dans son jean en ce moment même, tu sais ? » a murmuré Léa entre deux baisers mordants sur ma clavicule. Ses doigts ont accéléré légèrement, trouvant un angle qui me fit voir des étoiles blanches derrière mes paupières closes. « Il regarde ma main bouger en toi et il imagine que c’est sa queue… qu’il est celui qui te fait gémir comme ça contre ce pilier sale devant toute cette foule anonyme… Mais c’est moi… C’est toujours moi qui ouvre la voie… »
Son pouce s’est posé sur mon clitoris gonflé et hypersensible et y a appliqué une pression circulaire ferme et régulière qui synchronisa avec les mouvements profonds de ses doigts.
La montée fut foudroyante cette fois-ci ; une vague bien trop puissante qui se construisait à une vitesse terrifiante au creux de mon ventre tendu comme un arc.
« Léa… je vais… » ai-je haleté dans un souffle rauque et brisé.
« Pas encore ! » dit-elle d’une voix soudain coupante malgré le souffle chaud sur ma peau.
Ses doigts se sont immobilisés brutalement au plus profond de moi tandis que son pouce cessait toute friction.
Elle est restée ainsi plantée en moi pendant ce qui sembla une éternité – un point fixe torturant – alors que tout mon corps se tordait vers une libération qu’elle refusait obstinément.
Son autre main remonta saisir ma mâchoire pour forcer mon regard vers le sien.
Ses yeux bleus flamboyaient d'un mélange triomphant et vicieux.
« Non.
Tu jouiras quand je te le dirai.
Et pas avant.
Compris ? »
Le manque était une douleur vive presque insupportable mais incroyablement excitante ; il maintenait chaque nerf à vif sous ma peau.
J'ai hoché la tête faiblement incapable même de parler tellement j'étais suspendue au bord du gouffre sans pouvoir basculer.
Elle a alors retiré lentement ses doigts mouillés jusqu'à la dernière phalange puis enfin complètement hors contact
laissant derrière eux une sensation cuisante absence humidité fraîche sur peau chaude qui fit frissonner violemment mes cuisses tremblantes
Elle porta ses doigts brillants devant mes yeux puis lentement les essuya sur le tissu fin recouvrant mes seins jamais cessant me fixer
Son expression promettait explicitement prolongations conséquences intimité plus privée prochain round
La nuit était encore jeune après tout
Et visiblement personne ici n'avait encore envie dormir
Chapitre 4
Léa a sorti ses doigts mouillés de moi avec une lenteur calculée. Le bruit humide, amplifié par la proximité de nos corps, me fit frissonner. Elle a emmené ma main tremblante vers son propre jean, plaçant mes doigts sur la boucle de métal froid de sa ceinture.
« Détache-la, » a-t-elle ordonné, sa voix un velours autoritaire dans le creux de mon oreille. « C’est à ton tour de me toucher. Et lui… » Elle a jeté un bref coup d’œil vers l’ombre de Théo. « Il veut voir tes mains sur moi. Il veut savoir si tu as le courage de prendre ce que tu désires. »
Mes doigts étaient malhabiles, engourdis par le plaisir et la nervosité. Le métal a résisté un instant avant de céder avec un clic sec. Léa a pris ma main de nouveau et l’a guidée sous son tee-shirt ample, sur la peau douce et chaude de son ventre plat. Ses muscles se sont contractés sous mon toucher.
« Plus bas, » a-t-elle soufflé, et ses yeux bleus étaient des lasers dans la pénombre. « Tu sais où aller. »
Je l’ai suivie, ma paume descendant vers le bord de son jean. Elle a relâché ma main, me laissant seule face à la fermeture éclair. Le silence entre nous était palpable, chargé de la musique étouffée et du battement de mon propre sang. Je pouvais sentir le poids du regard de Théo sur mon dos.
« Je ne sais pas si… » ai-je commencé, la voix étranglée.
« Si quoi ? Si tu peux ? » Elle a souri, un rictus cruel et excitant. « Si tu oses ? Théo pense que tu n’es qu’une petite souris effrayée. Montre-lui qu’il a tort. Montre-moi. »
Le défi dans sa voix a agi comme un détonateur. Une bravade nouvelle, née de l’intensité de ce qu’elle venait de me faire, a surgi en moi. J’ai croché mes doigts sur le curseur métallique et j’ai tiré, dévoilant un triangle de dentelle noire humide qui contrastait avec sa peau pâle. Un souffle rauque lui a échappé. Encouragée, j’ai glissé ma main à l’intérieur.
La chaleur qui m’a accueillie était intense. Ses poils pubiens étaient ras très courts, presque duvetés contre ma peau. Et elle était trempée. Ma main s’est immobilisée, submergée par l’intimité crue du contact.
« Touche-moi, » a-t-elle grogné, sa main se refermant sur mon poignet pour guider mes mouvements. « Comme je t’ai touchée. »
Elle a placé mon majeur à l’entrée de son sexe, si chaud et si glissant. J’ai appliqué une pression, et elle a gémi, un son bas et animal qui a résonné dans ma poitrine. J’ai commencé à bouger, imitant maladroitement les cercles qu’elle avait tracés sur moi. Sa main s’est resserrée sur mon poignet, ajustant le rythme, l’angle.
« Comme ça… oui… » Sa tête est tombée en arrière, exposant la ligne blanche de sa gorge. « Tu apprends vite, petite souris. »
Mes doigts ont glissé plus profondément, trouvant un rythme qui semblait la faire trembler. Je regardais son visage, ses traits transformés par le plaisir, ses lèvres entrouvertes sur des halètements silencieux. La puissance de ce spectacle – cette femme dominatrice rendue vulnérable par mon toucher – était enivrante. Je sentais la tension monter en elle, ses hanches commençant à pousser contre ma main.
« Arrête, » a-t-elle soudain grondé, sa main immobilisant la mienne de nouveau.
Je me suis figée, le cœur battant. Ses yeux se sont rouverts, brillants et pleins d’une promesse obscure.
« Pas ici. Pas comme ça. » Elle a retiré ma main, la portant à ses lèvres pour lécher mes doigts l’un après l’autre, son regard jamais quittant le mien. Elle goûtait son propre parfum sur ma peau. « On va aller le retrouver. Et là… là, on va vraiment jouer. »
Chapitre 5
Léa me tenait la main, mais ses doigts n’étaient plus une simple prise. C’était un lien électrique qui me tirait du pilier, me guidant à travers la mer de corps vers la banquette sombre où Théo attendait. Mon autre main remonta instinctivement pour refermer la braguette de mon jean entrouvert. Le métal était froid, et la sensation du tissu humide contre ma peau me rappela à chaque pas ce qui venait de se passer, ce qu’il avait vu.
Il ne se leva pas à notre approche. Il resta assis, apparemment détendu dans les coussins de velours usé, un nouveau verre à la main. Seuls ses yeux, brillants et attentifs dans la pénombre, trahissaient son intense concentration.
Léa me poussa doucement devant lui, puis vint se placer à mes côtés, son bras enserrant ma taille d’un geste possessif.
« Alors ? » demanda-t-elle, sa voix légèrement plus haute pour couvrir la musique. « Satisfait du spectacle ? »
Théo laissa échapper un petit rire bas, son regard glissant de Léa à moi, puis redescendant vers la fermeture éclair de mon jean, que je venais de fermer. « Très instructif, » dit-il enfin. Sa voix était calme, mais chargée d’une tension qui n’avait rien à voir avec la colère. « Elle a l’air d’une élève douée. »
Je rougis, baissant les yeux. La fierté que j’avais ressentie sous son regard se mêlait à une vulnérabilité aiguë.
« Plus que douée, » corrigea Léa, sa main remontant sous mon haut pour caresser la peau nue de mon flanc. Ses ongles tracèrent des lignes légères qui firent frémir mes muscles. « Elle a du feu. Elle a juste besoin qu’on lui montre comment le contrôler. »
« Et toi, tu veux apprendre à le contrôler ? » demanda Théo, s’adressant directement à moi cette fois. Il se pencha en avant, les coudes sur les genoux. « Ou tu veux juste le laisser te consumer ? »
Je relevai les yeux pour le regarder. Dans la lumière tamisée, son visage me parut différent. Moins familier, plus dangereux. Plus attirant. « Je… je ne sais pas, » avouai-je, ma voix plus ferme que je ne l’aurais cru.
« Elle sait, » intervint Léa, ses doigts s’arrêtant juste sous le rebord de mon soutien-gorge. « Elle veut les deux. Elle veut la brûlure et la main qui la guide. N’est-ce pas, chérie ? »
Elle tourna mon visage vers le sien. Ses yeux bleus étaient des lacs profonds où je sentais que je pourrais me noyer. Je ne répondis pas par des mots. Je hochai simplement la tête, un mouvement lent et grave.
Un sourire satisfait apparut sur les lèvres de Théo. « Dans ce cas, il est temps de quitter cette scène publique. » Il vida son verre et se leva. « On a une chambre. Plus calme. Plus… privée. »
Léa me libéra enfin, mais seulement pour passer son bras autour de mes épaules. « Tu entends ça ? » murmura-t-elle contre ma tempe tandis que nous suivions Théo qui s’éloignait du bar. « Plus privé. Ça veut dire que je pourrai enfin te faire crier sans que personne ne vienne nous interrompre. »
Un frisson d’anticipation, plus aigu que la peur, me parcourut. La main de Théo trouva la mienne dans la pénombre, ses doigts se refermant avec une fermeté tranquille. Je marchais entre eux, tirée par deux forces, guidée vers un endroit où les lumières ne seraient plus pâlissantes, mais éteintes, laissant place à une chaleur bien plus intime. Les préliminaires publics étaient terminés. La véritable leçon allait commencer.