Sous le regard de l'étranger
# Camping Libertine Le soleil d’été cognait sur la tôle du mobil-home, transformant l’intérieur en étuve parfumée au plastique chaud et à la crème solaire. Camille, allongée sur le canapé-lit défraîchi, un ventilateur braquet lui soufflant
Chapitre 1
Le soleil d’été cognait sur la tôle du mobil-home, transformant l’intérieur en étuve parfumée au plastique chaud et à la crème solaire. Camille, allongée sur le canapé-lit défraîchi, un ventilateur braquet lui soufflant un air tiède sur les jambes, observait les gouttes de sueur perler entre ses petits seins fermes. Sa peau laiteuse, constellée de taches de rousseur sur les épaules et la poitrine, luisait. Elle était nue, à l’exception d’une culotte en dentelle noire qui moulait son pubis rasé de près.
Thibault, assis à la table pliante, les yeux rivés sur l’écran de son ordinateur portable, semblait ailleurs. Sa barbe naissante ombrait sa mâchoire carrée. « Il fait une chaleur d’enfer », murmura-t-il sans la regarder, les doigts tapotant le clavier.
Camille ne répondit pas. Son regard était capté par la fenêtre ouverte, donnant sur l’allée centrale du camping. Un homme venait de garer son van juste en face. Il était grand, très grand, avec une carrure de lutteur qui tendait son t-shirt noir. Des tatouages complexes descendaient le long de ses bras musculeux, et une barbe soigneusement taillée encadrait des lèvres charnues. Ses yeux bleus, d’un azur glacial, balayèrent les alentours avant de se poser, une fraction de seconde trop longue, sur la fenêtre du mobil-home. Sur elle.
Un frisson parcourut l’échine de Camille, sans rapport avec la chaleur. Elle se cambra légèrement, un mouvement presque imperceptible, offrant la courbe de sa taille fine et la rondeur de ses hanches à cette vue. Elle savait qu’il la voyait. Le store était à moitié baissé, mais l’angle était parfait.
Thibault leva enfin les yeux. « Tu fais quoi ? »
« Je crève de chaud », dit-elle, la voix légèrement voilée. Elle passa une main dans ses cheveux blonds courts, les rejetant en arrière. « Je vais prendre l’air. Devant. »
Elle se leva avec une lenteur étudiée, s’étirant comme un félin, faisant craquer ses vertèbres. Elle ne prit pas de robe. Elle marcha simplement vers la porte, ses pieds nus sur le linoléum usé, son corps mince et pourtant pulpeux se balançant avec une confiance nouvelle. La dentelle noire était un contraste violent contre sa peau claire.
Dehors, la lumière était aveuglante. L’homme, près de son van, faisait semblant de vérifier un pneu. Il portait un short de bain qui laissait peu à l’imagination. Le tissu était tendu, déformé par une masse imposante qui pendait lourdement entre ses cuisses puissantes. Camille sentit sa bouche s’assécher. Elle s’accroupit près du petit jardinet de pierres, feignant de réarranger un géranium, offrant à l’inconnu une vue plongeante sur son dos courbé, la fine lanière de sa culotte s’enfonçant dans la raie de ses fesses.
Un sifflement discret, chargé d’intention, traversa l’air chaud. Elle tourna la tête. L’homme la fixait, un sourire vicieux aux lèvres. Ses yeux bleus dévoraient chaque centimètre de son corps exposé. Il porta deux doigts à ses lèvres puis les dirigea vers elle, dans un geste silencieux, obscène.
À l’intérieur du mobil-home, Thibault, absorbé par son écran, ne voyait rien. Le ventilateur ronronnait.
Camille se releva, les joues en feu, non de honte mais d’excitation brûlante. Elle marcha jusqu’au robinet extérieur, à quelques mètres seulement du van. En se penchant pour ouvrir l’eau, sa culotte tendue, elle jeta un regard par-dessus son épaule.
L’homme s’était rapproché. Il était maintenant appuyé contre son véhicule, les bras croisés sur son torse tatoué. Son regard était un ordre. Un défi. Il baissa lentement les yeux vers son propre short, puis vers elle, et mordilla sa lèvre inférieure charnue.
Sous le jet d’eau froide, Camille trempa ses mains, puis les passa sur sa nuque, sur sa poitrine. L’eau glacée coula le long de son sternum, trempant la dentelle noire qui devint transparente, collant aux pointes de ses seins durcis. Elle gémit doucement, un son destiné à traverser la distance. Elle savait que Thibault, de l’autre côté de la porte, l’entendrait peut-être. Mais c’était pour l’autre, pour l’étranger aux yeux de glace et au corps de géant, qu’elle jouait cette scène.
Elle se redressa, ruisselante, et soutint son regard. Elle ne souriait pas. Son expression était sérieuse, concentrée, celle d’une femme qui vient de comprendre le pouvoir qu’elle exerce. D’un mouvement lent, elle passa le bout de ses doigts humides sur ses lèvres, puis baissa la main, effleurant à peine le triangle sombre et trempé de sa culotte, là où une chaleur intense commençait à pulser.
L’homme se décolla du van. Il fit un pas vers elle. Un seul. Assez pour que Camille voie l’étendue de son excitation, la façon dont le tissu de son short était tendu à craquer, révélant une forme longue, épaisse, qui semblait ne pas vouloir se contenir. Il fit un geste du menton, vers l’arrière de son van, vers l’intérieur sombre et privé.
Le cœur de Camille battait à tout rompre. Elle jeta un coup d’œil rapide vers la porte close du mobil-home. Thibault était à trois mètres. Il ne savait rien. Il ne voyait rien.
Elle posa ses pieds nus sur la terre chaude et fit un pas vers l’ombre du van.
Chapitre 2
Le sol brûlant sous ses pieds nus, la porte du mobil-home à quelques mètres, et cette silhouette immense qui l’attirait comme un aimant. L’ombre du van semblait promettre une fraîcheur salvatrice, une autre forme d’étouffement. Camille jeta un dernier regard vers la porte close, où Thibault restait tapis dans la torpeur numérique.
« Tu fais le premier pas, c’est ça ? » murmura-t-il alors qu’elle franchissait la distance. Sa voix était grave, rauque, avec un léger accent traînant qui caressait les mots. Il n’avait pas bougé, appuyé contre la carrosserie, observant sa lente approche.
Elle s’arrêta à un mètre de lui. L’odeur de sueur salée, de soleil sur la peau et de métal chaud l’enveloppa. « J’ai juste chaud, » dit-elle, plus bas que nécessaire, son regard accroché au sien.
Il eut un petit rire sans joie. « T’as pas que chaud. Je vois tes petits tétons qui pointent à travers ta culotte trempée. Et je vois ce tremblement. » Il baissa les yeux vers son bas-ventre. « C’est la peur ? »
« Non, » souffla-t-elle, le défi au fond de la gorge.
Il se décolla enfin, dévoilant toute sa carrure. Il lui parut encore plus grand, plus massif. D’un geste vif, il attrapa sa main, la paume large et calleuse refermée sur ses doigts fins. « Viens. »
Il ne tira pas brutalement. L’invite était claire, mais le choix restait le sien. Le cœur martelant sa cage thoracique, Camille laissa son corps suivre, se glissant derrière lui dans la pénombre du van. L’air y était plus dense, saturé d’une odeur d’homme, d’essence et de bois. Des rideaux occultants étaient tirés sur les vitres latérales.
Il se retourna face à elle. L’espace était exigu. Leurs corps n’étaient séparés que par quelques centimètres d’air électrique. Il posa une main à plat sur son ventre, au-dessus de la dentelle noire. La chaleur de sa paume traversa sa peau moite.
« Tu veux qu’il sache ? » demanda-t-il, son autre main remontant pour lui saisir la nuque, l’empêchant de détourner les yeux. « Le gars dans le mobil-home ? Ton mec ? Tu veux qu’il entende ? »
Elle ferma les yeux, submergée. « Je… Je ne sais pas. »
« Moi, je sais, » gronda-t-il, sa bouche si près de la sienne qu’elle sentait son souffle chaud. « Tu veux qu’il reste dans son monde à deux balles pendant que je te prends dans le mien. Tu veux le trahir à dix mètres de lui. »
La vérité des mots la fit frissonner d’excitation pure. Elle ouvrit les yeux. « Et toi, tu veux quoi ? »
Un sourire fendit sa barbe. « Je veux te sentir mouiller à travers ce bout de tissu. Je veux que tu sois ma petite salope de camping pour l’après-midi. » Sa main sur son ventre glissa plus bas, ses doigts s’enfonçant dans l’élastique de sa culotte. Le contact direct contre sa peau, contre ses poils rasés, lui arracha un gémissement étouffé.
« C’est ça, » murmura-t-il, satisfait. Il frotta ses doigts contre son sexe, trouvant la chair déjà gonflée, humide. « Déjà trempée. Juste parce que je t’ai regardée. »
De l’autre côté de la paroi, le son étouffé du ventilateur de Thibault continuait de ronronner. Une vie normale. Ici, dans l’ombre, les doigts de l’étranger traçaient des cercles insistants sur son clitoris à travers la fine barrière de dentelle. Camille se cambra, poussant son bassin contre sa main, cherchant plus de pression.
« Tu t’appelles comment ? » haleta-t-elle, les yeux rivés aux siens.
Il se pencha, ses lèvres effleurant son oreille. « Pour toi, aujourd’hui ? Je m’appelle “Va le chercher”. »
Elle le regarda, ne comprenant pas.
« Ton mec, » précisa-t-il, sa voix un râle bas et vicieux. « Va le chercher. Dis-lui que tu vas à la piscine. Et puis tu reviens ici. Et tu fais exactement ce que je te dis. »
La proposition était folle. Obscène. Parfaite. Le frisson qui la parcourut était plus intense que tout. Sa main, sur son sexe, s’immobilisa, attendant sa réponse.
Chapitre 3
De retour dans le van, l’inconnu lui fit signe de se glisser à l’arrière, là où un matelas était jeté sur le plancher. À peine le rideau était-il retombé qu’il pivota vers elle, son visage impassible. Sa main s’abattit, non pas pour une caresse, mais pour empoigner brutalement ses cheveux blonds courts, à la racine. La douleur fut vive, précise.
« A genoux, » gronda-t-il, sans lui laisser le temps de réagir. Il tira, forçant sa tête vers le sol.
Camille gémit, ployant sous la pression. Le linoléum était dur et froid sous ses genoux. Elle leva les yeux, son regard croisant celui de l’homme qui la dominait. Ses yeux bleus n’étaient plus que de la glace.
« Tu vois ça ? » dit-il, d’une voix basse et rauque, tandis que son autre main défaisait la boucle de son short. Le tissu tomba. Sa queue était à nu, imposante, déjà rigide, la veine battante saillant sur la longueur. L’odeur de sueur et de sexe mâle lui parvint, puissante, animale. « Tu vas la lécher. Maintenant. »
Il la força à pencher la tête en avant, ses poignets noueux maintenant sa nuque, la pointe de son gland touchant ses lèvres entrouvertes. Elle sentit la texture de la peau, chaude et tendue. Un ordre silencieux passa dans ses muscles. Elle tendit la langue.
Le premier contact la fit frémir. Le goût salé, musqué, l’envahit. Elle lécha, d’abord timidement, le long du membre, de la base jusqu’à la tête gonflée. Puis, comme encouragée par un grognement sourd au-dessus d’elle, elle prit la pointe dans sa bouche, l’embrassant, la humectant.
« Oui, comme ça, » murmura-t-il, les doigts toujours tordus dans ses cheveux, guidant le va-et-vient de sa tête. « Tu suces bien, la petite femme du voisin. Tu fais ça à ton petit mari ? »
Elle secoua la tête, la bouche pleine, incapable de parler.
« Bien sûr que non, » ricana-t-il. « Il doit se contenter de te regarder en secret. Il doit bander mollement devant son ordinateur pendant que tu viens te faire démonter par un vrai homme. »
Les mots, obscènes et vrais, frappèrent Camille plus fort que n’importe quelle caresse. Un flot de chaleur liquide coula entre ses cuisses, trempant davantage sa minuscule culotte. Elle suça avec plus d’ardeur, prenant plus de longueur, jusqu’à ce que sa gorge se serre.
Soudain, il la repoussa par les cheveux, la délogeant brutalement. Elle haleta, un filet de salive reliant ses lèvres à son membre luisant.
« Tourne-toi, » ordonna-t-il. « À quatre pattes. Je veux te prendre comme la chienne que tu es. »
Tremblante, mais mue par une pulsion plus forte que la peur, Camille obéit. Elle se plaça sur le matelas, présentant ses fesses à l’homme, la fine lanière noire de sa culotte s’enfonçant dans sa raie humide. Elle entendit un bruit de déchirure. D’une main, il arracha le tissu de dentelle, le jetant sur le côté. L’air frais toucha son sexe offert, nu et trempé.
Il ne la prépara pas. Il s’agenouilla derrière elle, plaqua une large main sur son bas du dos pour l’immobiliser, et du bout de son gland, chercha l’entrée. Il trouva, et d’une poussée brutale, s’enfonça d’un coup.
Camille cria, le son étouffé par le matelas. La pénétration était brutale, violente, la remplissant complètement, l’étirant. C’était à la fois douleur et délivrance.
« Tu sens ça ? » grogna-t-il en elle, commençant un va-et-vient profond et implacable. « Tu sens comme je te remplis ? Ton mari, là-bas… il te remplit comme ça, lui ? Il te fait prendre toute sa queue ? »
« Non… » souffla-t-elle, le visage enfoui dans le tissu, ses mains s’agrippant au matelas à chaque coup de reins qui la faisait avancer.
« Non, c’est ça, » continua-t-il, son rythme s’accélérant, chaque impact de leurs corps faisant claquer leur peau. « Il est impuissant. Un fantôme. Et toi, tu es ma salope à moi, maintenant. Ma petite salope de camping qui se fait défoncer le cul à dix mètres de son mec. »
Chaque mot était un coup de fouet, un défi, une vérité inavouable qui la faisait jouir plus sûrement que n’importe quelle tendresse. La tension en elle montait, inexorable, portée par le rythme sauvage de l’homme et le torrent de ses obscénités. Elle sentait son propre orgasme approcher, un raz-de-marée qui se préparait à tout balayer.