Le frisson avant le seuil

A woman in silk lingerie stretches on a couch as a man watches intently, his hand on he...

# La Chaleur Avant L'orage La chaleur de cette fin d’été était lourde, étouffante. Elle collait à la peau comme un souvenir dont on ne parvient pas à se défaire. Dans la grande maison silencieuse, Léa était allongée sur le canapé de la sal

Chapitre 1

La chaleur de cette fin d’été était lourde, étouffante. Elle collait à la peau comme un souvenir dont on ne parvient pas à se défaire. Dans la grande maison silencieuse, Léa était allongée sur le canapé de la salle de séjour, les jambes repliées sous elle. L’écran plat diffusait une lumière bleutée sur ses traits, mais ses yeux, d’un bleu plus pâle, ne regardaient pas vraiment la série. Ils fixaient, sans les voir, les motifs de la moquette, traversant les murs pour atteindre la cuisine.

De là-bas, parvenait le léger bruit d’une cuillère contre de la porcelaine. Khalil. Il dînait. Elle imaginait sa silhouette massive, assise à la table en bois, seul. Elle revoyait son torse, ce matin même, traversé par les premiers rayons du soleil filtrant à travers les stores. La peau hâlée, les muscles du dos et des épaules dessinés par l’effort de se lever, cette toison pectorale sombre qui descendait vers la taille de son pyjama… Un frisson, qui n’avait rien à voir avec la chaleur, lui parcourut l’échine.

Elle s’était habillée pour cela. Pour ce frisson, et pour ce qui, peut-être, pouvait le suivre. Le short en soie rose, d’une légèreté presque impudique, épousait la courbe de ses hanches. La dentelle noire qui le bordait dessinait un contraste provocant sur sa peau claire. Son chemisier, en soie aussi, était ouvert de plusieurs boutons, dévoilant le début de sa poitrine, la naissance de la vallée entre ses seins. Un souffle d’air, factice, généré par le ventilateur, caressa cette peau exposée.

Un pas résonna dans le couloir. Elle retint son souffle. Il apparut sur le seuil, s’appuyant au chambranle de la porte. Il avait fini de manger. Il la regarda.

Son regard n’était pas celui d’un mari qui rentre du travail. C’était une exploration, lente, méthodique, brûlante. Il partit de ses cheveux blonds éparpillés sur le coussin, descendit le long de son cou, s’attarda sur l’ouverture du chemisier où la soie rose frôlait la peau, puis glissa sur la longueur de ses jambes, révélées par le short minuscule. Il ne dit rien. Il se contenta de boire cette image, les mains enfoncées dans les poches de son jean, la barbe ombrant une mâchoire serrée.

Léa sentit une chaleur différente monter en elle, intense, concentrée dans son bas-ventre. Elle soutint son regard, sans un sourire. Leurs disputes, leurs silences pesants, toute cette tension accumulée des dernières semaines, semblait se condenser dans l’air entre eux, chargé d’électricité. Elle ne voulait pas parler. Les mots avaient fait trop de mal. Elle voulait… autre chose. Elle voulait que ce blocage, ce mur de glace entre son désir et lui, se brise.

D’un mouvement délibérément lent, elle étira une jambe, puis l’autre, cambrant légèrement le dos. La soie du short tira sur sa peau. Elle vit les narines d’Khalil frémir. Ses yeux, sombres, se firent plus profonds, plus noirs. Il quitta l’appui de la porte et fit un pas dans la pièce. Puis un autre. Il s’arrêta à quelques centimètres du canapé.

Il tendit la main, non pas pour la toucher, mais pour effleurer du bout des doigts le tissu de soie sur sa cuisse. Le contact, à travers l’étoffe, fut comme une étincelle. Léa ferma les yeux un instant, le souffle court. Quand elle les rouvrit, il la regardait toujours, un mélange de question et de volonté brute dans le regard.

La musique de la série était devenue un bourdonnement lointain. Il n’y avait plus que le bourdonnement de son sang dans ses oreilles, le battement sourd de son cœur, et ce silence entre eux, plus éloquent que tous les aveux. Il attendait. Elle avait fait le premier pas, avec cette tenue, avec cette posture offerte. Le prochain mouvement était une réponse à une question non posée.

Elle laissa son genou retomber légèrement sur le côté, ouvrant un espace, une invitation muette. Un muscle tressaillit dans la mâchoire d’Khalil. Sa main, toujours sur la soie, se fit plus présente, plus lourde. La chaleur de sa paume traversait le tissu, marquant sa peau. Elle retenait son souffle, le désir et l’appréhension se mêlant en un cocktail enivrant dans ses veines. Le chemin vers la réconciliation ne passerait pas par des mots ce soir. Il serait tracé par la chaleur d’une main, le langage d’un regard, et la tension insoutenable d’un désir trop longtemps contenu.


Chapitre 2

Léa sentit le regard d’Khalil comme une brûlure sur sa peau. Sous cette attention insoutenable, un besoin viscéral la traversa : celui d’agir, de répondre à cette tension sans la briser par des mots. Avec une lenteur calculée, détournant à peine les yeux de l’écran bleuté, elle porta une main à son chemisier. Ses doigts effleurèrent le premier bouton encore fermé, juste au-dessus de la poitrine déjà dévoilée. Un déclic imperceptible. La soie s’ouvrit d’un cran supplémentaire, révélant davantage la courbe nacrée de son sein, le fin bord de dentelle noire de son soutien-gorge. Elle fit ensuite glisser ce même doigt sur ses lèvres entrouvertes, l’y laissant reposer un instant, avant de reprendre sa position, les yeux à nouveau rivés sur la télévision comme si de rien n’était.

Le message était limpide, et délibérément ambigu. Une offre silencieuse, masquée derrière l’alibi de la chaleur.

Khalil retint un souffle rauque. Elle était à croquer. Vraiment. Cette tenue de petite coquine, ce short rose ridiculement court qui laissait ses cuisses nues et luisantes sous la lumière artificielle, ses pieds fins et nus posés négligemment sur le canapé. Et ces lunettes, qui lui donnaient un air studieux et vulnérable en contraste total avec la provocation de son corps offert. Une fureur désirante lui noua le bas-ventre. Il avait une envie brutale de la prendre, là, sur ce canapé, de faire voler ces lunettes et de déchirer ce bout de soie rose.

Mais il se dompta. Il avait appris la valeur de la lenteur, de la reconquête millimètre par millimètre. Sa main, qui reposait sur sa cuisse, se remit en mouvement. Elle descendit d’abord, effleura la cheville fine, la voûte sensible de son pied. Léa tressaillit, un léger frisson parcourant sa jambe. Puis, avec une patience exaspérante, il remonta. La paume de sa main glissa le long de son mollet, épousant le galbe ferme, prenant la température de sa peau. Elle était douce, légèrement moite. Il sentit le muscle se contracter sous son toucher.

Il passa le genou, atteignit la chair plus tendre de l’intérieur de la cuisse. Son mouvement était hypnotique, régulier, du pied jusqu’à la naissance de la cuisse, puis redescendant, pour remonter encore, un peu plus haut à chaque fois. La soie du short glissait sous ses doigts, se tendait, révélant les contours de son corps. Chaque aller-retour était une promesse, une question répétée : est-ce ici ? Est-ce maintenant ?

Léa ne regardait plus l’écran. Elle fixait le vide devant elle, les paupières mi-closes derrière ses lunettes, toute son attention concentrée sur ce chemin de feu que traçait sa main. Son souffle s’était fait plus audible, un petit sifflement à chaque fois que ses doigts frôlaient la peau sensible à l’intérieur de sa cuisse, si près du centre de la chaleur qui pulsait en elle. Elle cambra légèrement le dos, offrant sans le dire un accès plus facile, un assentiment muet à cette exploration torturante.

Khalil vit le mouvement. Son autre main quitta sa poche et vint se poser sur sa hanche, à travers le tissu du short, l’ancrant sur le canapé. Son pouvre s’enfonça dans le creux, tandis que ses autres doigts continuaient leur ascension lente, atteignant enfin le bord inférieur du short. La soie se terminait là, laissant place à la peau nue de sa cuisse haute. Il s’arrêta, ses doigts à peine posés sur cette frontière, la chaleur de son corps irradiant à travers son jean. Il la regardait, buvant son expression de tension délicieuse, le désir palpable qui faisait trembler ses lèvres entrebâillées.

Le prochain mouvement franchirait la frontière. Il le savait. Elle le savait. L’air, déjà saturé de chaleur estivale, semblait se densifier, chargé d’une attente électrique. Il pencha légèrement le torse vers elle, son ombre l’enveloppant soudain, coupant la lumière bleutée de la télévision. Leurs souffles se mêlèrent, l’un court et saccadé, l’autre profond et contrôlé. Il n’avait pas encore touché le cœur de son désir, mais chaque parcelle de son être était déjà tournée vers ce point de fusion imminente, suspendue au bord du précipice.


Chapitre 3

Le silence était presque palpable. Il se rompit enfin, d’une voix plus basse que d’habitude, chargée de sable.

« On va dans la chambre ? »

Léa le regarda, un air réfléchi dans ses yeux pâles. La question planait entre eux, simple et pourtant immense. C’était une clairière dans la forêt de leur tension, un chemin direct ouvert au milieu des sous-bris épars de leurs non-dits. Elle sentait le poids de cette décision, ce qui s’engageait au-delà de l’assentiment. Ce n’était plus juste une provocation sur un canapé. C’était une reddition mutuelle, une trêve négociée par le désir.

Elle finit par répondre, d’une voix aussi douce et ferme qu’un souffle.

« Ok. »

Elle se détourna alors, posa la télécommande sur le coussin avec un geste lent et définitif. Puis elle porta ses mains à son visage, enleva délicatement ses lunettes et les déposa à côté du bouton argenté. Ce simple geste la changeait. Sans le verre qui filtrait son regard, elle paraissait plus nue, plus vulnérable et pourtant plus déterminée encore.

Khalil fit un pas en arrière pour lui laisser l’espace de se lever. Il la regarda se déplier du canapé avec la grâce féline qu’il lui connaissait, les muscles de ses cuisses se tendant sous la soie rose avant de la redresser. Elle ne le regarda pas. Elle marcha vers le couloir menant à leur chambre.

Il la suivit à distance savoureuse.

La vision était à couper le souffle. La lumière tamisée du couloir dessinait chaque courbe de son corps en mouvement. Le short minuscule épousait parfaitement le galbe de ses hanches étroites, chaque balancement révélant puis dissimulant l’ombre profonde entre ses fesses fermes et rondes. La soie captait des reflets mouvants sur sa peau pâle, transformant sa démarche en un spectacle hypnotique de douceur et de promesse brute. Il savourait chaque pas, buvant cette image comme on boit un élixir après une longue soif.

Dans la pénombre de la chambre aux volets clos, elle alla directement au lit immense. Elle s’y allongea sur le dos, les yeux fixant le plafond pendant un instant avant que ses mains ne se mettent en mouvement. Sans hâte mais sans hésitation non plus, elle défit les boutons restants de son chemisier en soie rose. Le tissu glissa sur ses épaules puis s’écarta totalement, révélant son soutien-gorge en dentelle noire qui maintenait sa poitrine généreuse et pâle. La peau nacrée de son ventre plat se dévoila aussi, jusqu’à la taille du short.

Khalil s’allongea à côté d’elle sur le lit frais. Sa présence était immédiate, massive et chaude contre sa hanche nue où finissait le chemisier ouvert.

Il commença par la toucher là où il avait arrêté dans le salon : à la frontière de soie sur sa cuisse haute. Ses doigts passèrent cette fois le bord du short sans aucune pause, rencontrant directement la peau satinée et chaude de l'intérieur de sa cuisse. Léa exhala un petit « ah » étouffé.

Puis il pencha son torse vers elle et posa ses lèvres sur son cou.

Le premier contact fut comme une goutte d'eau brûlante sur une plaque chauffante : un sifflement intérieur immédiat parcourut Léa des pieds à la tête. Ses lèvres étaient fermes, légèrement rugueuses à cause de sa barbe naissante qui frottait délicieusement contre sa peau ultrasensible. Il embrassa cette parcelle fragile au rythme des battements forts qu'il devait y sentir sous ses lèvres : une pression longue sous l'oreille… puis une série plus rapide et légère descendant vers sa clavicule… enfin un retour avec la langue qui traça une ligne humide juste au-dessus du début de son soutien-gorge.

Pendant ce temps-là, sa main qui caressait sa cuisse remontait toujours, par cercles concentriques qui rétrécissaient à chaque tour. Il évitait encore délibérément le centre brûlant entre ses jambes mais chaque passage frôlait un peu plus près les bords sensibles du short en soie maintenant détrempé par autre chose que la sueur estivale.

Léa bougea sous lui avec un murmure indistinct—moins une parole qu'une vibration dans sa gorge qu'il pouvait sentir contre sa bouche—et écarta légèrement les genoux en réponse silencieuse à cette question incessante posée par ses doigts remontants toujours plus haut encore…


Chapitre 4

La main d’Khalil franchit enfin la frontière de soie. Ses doigts, chauds et habiles, glissèrent sous le tissu et rencontrèrent la dentelle noire et humide de sa culotte. Léa poussa un gémissement étouffé dans leur baiser. Le son fut immédiatement capté, absorbé par sa bouche.

Leurs lèvres se cherchaient avec une avidité retrouvée, comme si elles se souvenaient d’un chemin oublié. Il n’y avait plus de colère dans ce baiser, plus de rancune à avaler. Il n’y avait que cette faim, cette soif violente de se retrouver dans la chaleur et le goût de l’autre. La langue d’Khalil était insistante, exploratrice, tandis que la sienne répondait par des coups plus légers, des invitations.

Sous le short, ses doigts commencèrent leur œuvre. À travers la dentelle fine, il caressa la courbe pleine de son mont de Vénus, d’un mouvement lent, circulaire, appuyant juste assez pour faire frémir tout son corps contre le sien. Léa arqua le dos, ses seins écrasés contre son torse, cherchant plus de contact, plus de pression.

Il brisa le baiser pour descendre embrasser la naissance de sa gorge, tout en continuant de masser à travers le tissu. Le frottement de la dentelle sur son clitoris déjà durci était une torture exquise, une promesse directe qui la faisait haleter.

« Khalil… » murmura-t-elle, le mot à peine audible.

Il comprit. Ses doigts s’immobilisèrent un instant avant de glisser sur le côté, cherchant le bord élastique de la culotte. D’un seul mouvement expert, il la fit passer sur ses hanches et la descendit le long de ses cuisses. L’air frais de la chambre frappa sa peau moite, la faisant frissonner. Puis sa main revint, nue cette fois.

Le contact direct fut un choc électrique. Sa paume large et callaise se posa à plat sur son pubis, la couvrant entièrement de sa chaleur. Léa cessa de respirer. Il la regarda, ses yeux sombres noyés dans l’ombre du lit, et il commença à bouger.

Ce ne fut pas une caresse frénétique, mais quelque chose de plus primitif, de plus possessif. Sa main glissait sur toute sa chatte, de l’entrée frémissante jusqu’au petit bouton sensible, imprégnant sa peau de son humidité, la marquant de ses empreintes digitales. Chaque passage remontait un peu de son nectar, luisant sur ses doigts dans la pénombre.

Il s’installa entre ses jambes qu’elle avait écartées dans un abandon total. De son autre main, il attrapa son short en soie rose et le tira doucement, le faisant glisser sur ses hanches, le descendant avec une lenteur cérémonielle. Elle leva les fesses pour l’aider, le sentiment du tissu quittant sa peau étant presque aussi intense que sa main sur son sexe.

Alors, il fut nu devant elle, son jean déjà ouvert, sa queue dressée et imposante. Il ne la prit pas tout de suite. Il se pencha, remplaça sa main par sa bouche.

Le premier contact de ses lèvres sur son intimité nue la fit sursauter. Puis sa langue arriva, large, plate, parcourant tout son sillon d’un seul mouvement languide avant de se concentrer, avec une précision diabolique, sur le point précis où toute sa tension se concentrait. Léa cria, ses mains s’agrippant aux draps, son corps se tordant sous l’assaut de sensations trop vives, trop précises. Il la tenait fermement des deux mains sur ses hanches, l’empêchant de fuir, la forçant à recevoir chaque coup de langue, chaque aspiration douce, chaque tourbillon qui la rapprochait, implacablement, du bord de l’abîme.


Chapitre 5

La sensation était trop intime, trop crue. Le contact de sa langue, large et experte, sur cette partie d’elle-même si nue et si sensible, provoqua en Léa une vague de honte brûlante qui se mêla instantanément au plaisir. Un gémissement étranglé lui échappa. Ses mains, qui s’agrippaient aux draps, se levèrent pour se poser sur sa tête, ses doigts s’enfonçant dans ses cheveux courts et épais.

« Khalil… stop… » murmura-t-elle, mais le ton était moins un ordre qu’une supplique vibrante de désarroi.

Il comprit la nuance. Il remonta aussitôt, laissant derrière lui un sillon de chair humide et palpitante. Sa bouque se posa sur son cou, à l’endroit exact où son pouls battait la chamade. Il y déposa un baiser apaisant, puis un autre plus bas, sur sa clavicule. Sa main, cependant, ne la quittait pas. Elle glissait le long de l’intérieur de ses cuisses, peau contre peau maintenant que le short et la culotte avaient été évacués. Le contact était doux, possessif.

Ses doigts remontèrent jusqu’au bas de son ventre plat, y traçant des cercles paresseux, avant de redescendre, effleurant à peine les boucles blondes et humides de son pubis. Il frôlait sa chatte sans y entrer, se contentant de passer le dos de ses phalanges sur ses lèvres gonflées de désir. C’était une torture exquise, un suspens insoutenable qui faisait trembler tout son bassin.

Léa haletait, les yeux clos, perdue entre la gêne rémanente et l’excitation dévorante que ce jeu provoquait. Pour retrouver un semblant de contrôle, pour lui rendre la pareille dans cette attente calculée, elle laissa glisser sa main entre leurs corps. Elle trouva sa queue sans hésitation, dressée et brûlante contre son ventre à lui.

Elle l’enferma dans sa paume, doucement d’abord, mesurant son poids, sa chaleur, la peau de velours tendue sur une rigidité d’acier. Un grognement sourd vibra dans la poitrine d’Khalil contre elle. Encouragée, elle se mit à la caresser, du gland jusqu’à la base, d’un mouvement lent et régulier. Puis son rythme s’accéléra, sa main devenant plus ferme, plus assurée.

La sensation était enivrante. La sentir vivre dans sa main, durcir encore davantage à son contact, la fit frémir intérieurement. Cette puissance contenue, qu’elle pouvait moduler à son gré, attisait sa propre flamme au-delà du supportable. Son autre main remonta sur son torse, griffant doucement les muscles tendus de son dos, l’attirant plus près d’elle dans une demande muette.


Chapitre 6

Sa main s’accéléra sur sa queue, le rythme devenant pressant, frénétique. Les doigts de Léa glissaient sur la peau tendue, emportés par la même urgence qui faisait battre ses tempes. Elle dirigea son mouvement, rapprochant le gland brûlant et luisant de sa propre chair.

Le premier contact fut une décharge électrique. Le bout arrondi et satiné de son sexe effleura son clito, déjà dur et hypersensible. Un « ah ! » aigu lui échappa, son corps se cambrant violemment sous la sensation. Elle n’arrêta pas. Au contraire, elle se mit à frotter le gland contre ce petit nœud de nerfs à vif, utilisant sa propre main comme guide, tandis que l’autre continuait de masturber la longueur d’Khalil avec une ardeur croissante. La double stimulation, le fait de lui donner du plaisir tout en s’en procurant de manière si crue et autodirigée, la fit sombrer dans un vertige égoïste et délicieux.

Khalil grogna, sa respiration devenant un souffle rauque contre son cou. Il la regardait faire, les yeux noirs écarquillés par un mélange de fascination et de luxure pure. « C’est ça… », haleta-t-il, sa voix rauque de désir. « Lâche-toi comme ça. Je t’aime quand tu te lâches. » Ses mains larges s’emparèrent de ses fesses, les serrant avec une force possessive, pétrissant la chair ferme à travers la soie du short, puis sous l’élastique, trouvant la peau nue.

Elle se pressait contre lui, cherchant la friction, le frottement humide et précis qui la faisait frémir aux portes d’un précipice. La sensation était trop bonne, trop directe. Elle sentait le bord du gouffre approcher à une vitesse vertigineuse.

« Je vais te prendre, Léa », gronda-t-il alors, ses doigts s’enfonçant dans ses chairs. « Je le veux. Je le veux depuis si longtemps. »

Les mots, chargés de toutes leurs semaines de frustration et de désir refoulé, achevèrent de la consumer. Elle cessa son frottement éperdu et le regarda, les yeux noyés, la bouche entrouverte par un souffle haletant.

« Oui », souffla-t-elle, lâchant enfin sa queue pour lui agripper les épaules. « Prends-moi. Prends-moi bien. »

Ce fut l’étincelle. D’un mouvement fluide et puissant, il l’enveloppa, la retournant sur le lit pour la plaquer sous son poids. Il écarta ses cuisses de ses genoux, se positionnant entre elles. Le regard ne se quittait plus, un pacte silencieux scellé dans l’air surchauffé. Il guida son sexe à l’entrée de la sienne, déjà ruisselante et offerte.

L’intromission fut lente, à la fois une conquête et un retour. Elle sentit chaque centimètre de lui la remplir, écartant ses chairs humides, comblant un vide bien plus profond que le physique. Un long gémissement rauque s’échappa de sa gorge, ses ongles s’enfonçant dans le dos d’Khalil. Il s’immobilisa, entièrement en elle, leurs fronts joints, partageant le même air brûlant.

Puis il bougea.


Chapitre 7

La douceur de ses premiers mouvements était un mensonge. Une promesse d’étirement lent, une acclimatation des corps qui se reconnaissaient après une trop longue séparation. Mais Léa comprit vite l’intention derrière cette paresse étudiée. Khalil s’enfonçait en elle avec une lenteur délibérée, atteignant un point si profond que son souffle s’arrêtait à chaque poussée. Elle gémis, un son rauque et plein, coincé dans sa gorge. Il la martelait doucement, puissamment, avec une précision de forgeron. Chaque coup plaquait ses fesses contre le matelas, chaque retrait créait un vide qu’il comblait aussitôt, profondément.

Il s’appliquait. On le sentait à la concentration muette sur son visage, à la façon dont ses bras soutenaient son poids pour ne pas l’écraser tout en maintenant l’angle parfait. Il voulait la faire jouir ce soir. La faire kiffer. C’était profond et bon, une plénitude qui lui vrillait le ventre et lui faisait voir des étoiles derrière ses paupières fermées.

Puis, alors qu’elle commençait à s’habituer au rythme hypnotique de ces coups mesurés, il accéléra. Brusquement. La cadence passa de la valse au galop, et elle cria, surprise par le changement. Il alterna alors : une série de coups rapides et courts qui la faisaient vibrer comme une corde tendue, puis un seul coup profond et lent qui lui arrachait un gémissement rauque. Il la baisait bien. Il la baisait comme il savait qu’elle l’aimait, avec une attention cruelle à ce qui la faisait dériver.

Dans un réflexe archaïque, elle enroula ses jambes autour de sa taille, croisant les chevilles dans le creux de ses reins. L’angle changea imperceptiblement et il pénétra encore plus profondément. Un « oh » de pure stupeur voluptueuse lui échappa.

« C’est ça », grogna-t-il contre sa bouche avant de reprendre sa langue dans un baiser salé et désespéré.

Alors qu’il reprenait son martèlement implacable, une de ses mains larges quitta son flanc et descendit le long de sa jambe repliée jusqu’à sa cheville. Il prit son pied dans sa paume chaude et se mit à le caresser avec une tendresse déconcertante tandis que le bas de son corps continuait sa besogne violente et précise. La caresse sur la voûte plantaire, douce et circulaire, contrastait si brutalement avec les coups qu’il lui assenait plus bas qu’elle sentit les larmes lui monter aux yeux. C’était trop. Trop de sensations contradictoires, trop d’attention portée à chaque centimètre carré de son être.

Elle se mit à trembler sous lui, un tremblement qui partit du centre de son ventre et irradia dans tout son corps. Les ongles d’Khalil s’enfoncèrent un peu plus dans la chair de sa cuisse tandis que son autre main continuait de masser son pied avec cette même douceur obsessionnelle.

« Lâche-toi », murmura-t-il dans un souffle brûlant contre sa tempe.

Et c’est ce qu’elle fit.

Le plaisir ne monta pas en une vague mais explosa comme une déflagration silencieuse qui pulvérisa tous ses muscles en même temps. Elle se cambra violemment sous lui, bouche ouverte sur un cri muet, les yeux révulsés. La sensation était si intense qu’elle en eut mal ; une douleur exquise mêlée à une libération si totale qu’elle crut perdre connaissance.

Khalil sentit le spasme violent qui l’enserrait et poussa un grognement animal avant d’enfoncer une dernière fois toute sa longueur en elle. Son propre corps se raidit puis fut secoué par des convulsions brutales tandis qu'il venait au plus profond d'elle-même.

Le tremblement dura longtemps après que leurs corps se furent affaissés l'un sur l'autre, haletants et couverts d'une sueur tiède qui les collaient ensemble.

Dans le silence qui suivit, troublé seulement par leurs respirations saccadées, Khalil déposa un baiser sur l'épaule moite de Léa sans se retirer d'elle.
« Je t'avais manqué ? » murmura-t-il enfin.
La question était stupide.
Elle tourna légèrement la tête vers lui.
« Oui », souffla-t-elle simplement avant que les mots ne viennent enfin.
« J'avais oublié... que ça pouvait être comme ça entre nous ».