La découverte interdite de Camille

Woman's face lit through a keyhole, eyes wide with desire, hand on her collarbone.

# Entre l’ombre et le désir Le vent chaud de la nuit méditerranéenne caressait les volets blancs de la villa. Camille était allongée dans le lit, l’esprit trop vif pour le sommeil. Théo dormait profondément à ses côtés, un bras jeté en tra

Chapitre 1

Le vent chaud de la nuit méditerranéenne caressait les volets blancs de la villa. Camille était allongée dans le lit, l’esprit trop vif pour le sommeil. Théo dormait profondément à ses côtés, un bras jeté en travers de la couverture légère. Le silence était presque écrasant, peuplé seulement du rythme régulier de sa respiration et du crépitement lointain des cigales.

C’est alors qu’un bruit l’arracha à sa torpeur. Un gémissement étouffé, puis un autre, plus distinct. Ils venaient de la chambre d’amis, juste à côté. Le cœur de Camille se mit à battre plus vite. Elle se leva avec la délicatesse d’une ombre, ses pieds nus rencontrant la fraîcheur du carrelage. Dans le couloir obscur, une bande de lumière orangée filtrait sous la porte voisine. Elle s’approcha, retenant son souffle. Par la serrure mal ajustée, un fragment de la pièce s’offrait à elle.

Lucas était là, nu, adossé contre le mur. La lumière d’une lampe de chevet sculptait son torse puissant, faisant danser les ombres sur les reliefs de ses muscles tendus. Son visage, habituellement empreint d’une timidité joviale, était crispé par une concentration intense. Ses yeux bleus étaient fermés, ses lèvres pleines entrouvertes sur un souffle rauque. Entre ses cuisses, imposante et dressée, sa virilité captait toute la lumière, un spectacle de puissance à la fois fascinant et intimidant.

Camille sentit un frisson parcourir son échine. Elle se colla un peu plus à la porte, sa propre main remontant machinalement sous le léger tissu de sa chemise de nuit. De l’autre côté, Julie, la compagne de Lucas, était agenouillée devant lui. Camille ne voyait que son dos arqué, ses mains agrippées aux hanches de Lucas. Elle voyait, surtout, le mouvement rythmé et expert de sa tête, et le membre qu’elle honorait de toute son attention.

C’était beau, d’une beauté crue et vibrante. Camille n’avait jamais rien vu d’aussi direct, d’aussi… dévorant. La taille de Lucas, qu’elle avait remarquée discrètement au bord de la piscine, prenait ici une dimension presque mythique. Chaque mouvement de Julie, chaque contraction des muscles de son ventre, semblait être une prière murmurée contre sa peau.

Une onde de chaleur submergea Camille, faisant battre ses tempes. Elle se mordit la lèvre pour étouffer un gémissement naissant, tandis que ses doigts trouvaient leur chemin sous l’élastique de sa culotte. Elle imaginait la sensation que cela devait être, de se sentir ainsi remplie, dominée par cette présence physique écrasante. Elle, si sérieuse et réservée en apparence, se découvrait soudain une appétence pour ce spectacle interdit. Le fait que Théo, doux et tendre, dorme paisiblement à quelques mètres ajoutait une pointe de piquant à sa contemplation, un vertige délicieux au bord de l’interdit.

Elle observa, captivée, le souffle de Lucas devenir de plus en plus court, ses mains se refermer sur les épaules de Julie. La scène atteignait son paroxysme, une tension presque palpable à travers la porte. Camille, le corps en feu et l’esprit embrumé, se laissa glisser contre le chambranle, perdue dans le tourbillon de ses propres sensations et du spectacle qui s’offrait à ses yeux avides.


Chapitre 2

Le lendemain se leva dans une lumière crue et paresseuse. Camille conserva un silence de complice avec la nuit, ne soufflant mot de sa veillée à Théo qui préparait le café, joyeux et inconscient. Mais un fil invisible, tendu et vibrant, la reliait désormais à Lucas.

Toute la journée, elle orchestra une danse de regards et de frôlements subtils. Lorsqu’elle lui tendit une tranche de melon au déjeuner, ses doigts effleurèrent les siens une seconde de trop, son sourire se teintant d’une douceur coupable. À la piscine, elle choisit de lire sur un transat placé juste dans son angle de vision, savourant la lenteur avec laquelle elle étirait ses jambes, la cambrure de son dos lorsqu’elle se retournait. Chaque mouvement était une question muette, une offre à peine ébauchée.

Lucas semblait avoir remarqué le manège. Elle le sentait aux pauses légèrement plus longues dans son travail de réparation du volet, au silence inhabituel qui pesait entre deux éclats de rire avec Théo. Ses yeux bleus, lorsqu’ils croisaient les siens, ne fuyaient plus. Ils se posaient sur elle avec une intensité nouvelle, un questionnement grave qui la faisait frémir de l’intérieur. Une fois, alors qu’elle passait près de lui, l’odeur de sa sueur et du bois chaud lui parvint. Elle s’arrêta, feignant d’observer son travail. Sans un mot, il tendit le bras pour attraper un tournevis, et son avant-bras musclé frôla délibérément le côté de sa poitrine, à travers la fine étoffe de sa robe. L’étincelle fut si vive qu’elle dut retenir son souffle.

En fin d’après-midi, alors que Théo était parti chercher du pain au village, elle le trouva seul, lavant ses pinceaux à l’extérieur. L’eau ruisselait sur ses mains et ses avant-bras. L’occasion était trop belle, trop tentante. Elle s’approcha, s’appuyant contre le chambranle de la porte.

« C’était beau, hier soir », murmura-t-elle, la voix à peine audible, les yeux fixés sur les muscles de son dos qui se raidirent instantanément.

Il se retourna lentement, le visage impénétrable. L’eau dégoulinait de ses poignets. Il ne demanda pas « Quoi ? ». Il ne feignit pas l’incompréhension. Le regard qu’il lui adressa était direct, chargé d’une chaleur qui l’enveloppa comme un manteau lourd. Il ne disait pas « Je sais que tu as regardé ». Il disait « Et alors ? ».

D’un pas, il réduisit la distance qui les séparait. L’espace se vida de tout son, sauf celui de leur respiration, l’une rapide et sifflante, l’autre lente et profonde. Il leva une main encore humide et effleura, du bout des doigts, la courbe de sa joue. Le contact était froid et brûlant à la fois. Camille ferma les yeux, submergée par le vertige de la transgression assumée. Ce n’était plus un spectacle volé. C’était un pacte, scellé dans le silence éclatant de la fin du jour.


Chapitre 3

Le dîner fut une torture exquise. Sur la terrasse inondée de la lueur des bougies, chaque instant était une provocation silencieuse. Camille avait choisi une robe ample, en lin, qui semblait innocente mais se collait à ses formes au moindre mouvement, au moindre souffle de vent. Elle s’assit en face de Lucas, le piégeant dans son champ de vision.

Chaque geste fut calculé. Lorsqu’elle se pencha pour prendre la carafe d’eau, le décolleté de sa robe s’entrouvrit, révélant la courbe pâle de ses seins sans soutien-gorge. Elle vit le regard de Lucas s’y attarder, une lueur sombre traversant ses yeux bleus avant qu’il ne détourne la tête, trop tard. Elle sourit, humectant ses lèvres avec une lenteur étudiée.

La conversation de Théo et Julie, animée autour du vin local, formait un brouhaha bienvenu. Camille en profita. Sous la table, elle fit glisser une sandale et avança son pied nu. Elle chercha d’abord le contact du carrelage frais, puis, avec une précision de somnambule, elle escalada la jambe du jean de Lucas. Elle sentit le muscle de son mollet se contracter violemment sous sa plante. Il sursauta, faillit renverser son verre.

« Tout va bien, Lucas ? » demanda Théo, taquin. « Tu as vu un fantôme ? »

« Une chaleur soudaine », murmura Lucas, sa voix un peu rauque. Son regard croisa celui de Camille, chargé d’un avertissement et d’une promesse brûlante.

Elle ne retira pas son pied. Au contraire, elle appuya plus fermement, remontant lentement le long de son tibia, caressant le tissu rugueux du jean. De l’autre côté de la table, Julie riait d’une anecdote, inconsciente. Théo servait du fromage. Le monde continuait, normal, paisible, tandis que sous la nappe en toile, un pacte d’une obscénité délicieuse se scellait.

Camille atteignit son genou, puis insinua son pied plus haut, à l’intérieur de sa cuisse. À travers le tissu, elle perçut la chaleur intense qui irradiait de lui, la tension de ses muscles. Elle s’arrêta là, pressant doucement, un point de contact brûlant et secret. De sa main, elle porta une olive à sa bouche, la suça longuement avant de croquer dedans, les yeux rivés aux siens.

« Tu as raison, ce vin est extraordinaire », dit-elle à Théo, d’une voix parfaitement claire, tandis que son pied, lui, dessinait de lents cercles sur la chair dure de la cuisse de Lucas.

Il ne bougea plus. Il se contentait de la fixer, sa respiration imperceptiblement plus rapide, ses mains posées à plat sur la table comme pour s’y ancrer. Le reste du repas se déroula dans ce double jeu étouffant. Camille parlait, riait, jouait son rôle d’épouse attentive, tandis que tout son être était concentré dans ce seul point de contact clandestin, dans la chaleur qui montait le long de sa jambe et inondait son propre ventre d’un besoin urgent et creux.

Lorsque Julie se leva pour débarrasser, Camille retira enfin son pied, avec une lenteur qui était une caresse à elle toute seule.


Chapitre 4

La chambre était plongée dans le noir, mais Camille ne dormait pas. Elle entendait, comme une musique obsédante, les murmures et les rires étouffés qui filtraient à travers la cloison. Julie et Lucas se préparaient pour la nuit. L’idée qui avait germé en elle pendant tout le dîner était devenue un besoin aigu, un plan délicieux et pervers.

Théo, déjà au lit, la regarda se glisser entre les draps. « Tu es jolie ce soir », murmura-t-il, tendre, en attirant son corps contre le sien. Elle l’embrassa avec une ardeur inhabituelle, ses mains se faisant pressantes sur son torse. Elle guida la sienne sous sa chemise de nuit, le pressant de la caresser. « J’ai envie de toi », chuchota-t-elle contre sa bouche, la voix volontairement traînante, un peu trop forte. Elle savait que le mur était mince.

Elle prit les devants, le faisant rouler sur le dos avant de l’enjamber. Assise sur lui, elle fit glisser la fine barrière de soie de sa culotte sur le côté, libérant juste ce qu’il fallait. Elle prit son sexe en main, sentant son poids et sa chaleur, et le guida à l’entrée de la sienne. Puis elle s’enfonça lentement, d’un mouvement théâtral et gracieux, en laissant échapper un long soupir de gorge, vibrant et parfaitement audible. « Oh oui… comme ça… »

Elle se mit à bouger avec une lenteur calculée, chaque descente profonde ponctuée d’une exhalaison sensuelle, chaque remontée soulignée par un petit gémissement étouffé. Elle cambrait le dos, offrant son profil à la cloison, imaginant Lucas de l’autre côté, l’oreille collée au mur, obligé d’écouter. Elle parlait, maintenant, des mots doux et salaces mêlés, destinés autant à exciter Théo qu’à traverser la pierre. « Tu me remplis si bien… Je sens tout… » Sa voix montait, claire et mélodique dans le silence nocturne.

Son propre plaisir était réel, attisé par cette mise en scène audacieuse, mais elle le modulait, l’amplifiait pour le spectacle. Elle accéléra le rythme, les claquements de leurs corps s’unissant devenant un tambour régulier contre le matelas. Elle cria son nom, « Théo ! », avec une force qu’elle n’avait jamais utilisée, certaine que cela résonnerait comme un écho dans la pièce voisine. Chaque onde de jouissance qui la parcourait était exprimée, exagérée, offerte en pâture à l’ombre qui, elle en était sûre, écoutait, fascinée et tendue. Elle jouait son propre corps comme un instrument, et la partition était écrite pour une seule paire d’oreilles interdites.


Chapitre 5

Les sons ne s’étaient pas éteints. Ils s’étaient déplacés, transformés en une symphonie parallèle qui emplissait la nuit.

De l’autre côté de la cloison, Julie étouffa un rire contre l’épaule de Lucas. « Ils n’y vont pas de main morte, dis donc », murmura-t-elle, les yeux brillants dans l’obscurité. Les gémissements théâtraux de Camille, les mots crus qu’elle lançait à Théo, résonnaient avec une clarté obscène. La cloison vibrait presque au rythme des coups sourds contre le matelas voisin.

Lucas, allongé sous Julie, sentit un sourire se dessiner sur ses lèvres. L’excitation était immédiate, brutale, alimentée par cette certitude : Camille jouait pour lui. Chaque soupir calculé, chaque « Oh oui, comme ça ! » un peu trop fort, était une flèche décochée dans sa direction. Il attrapa les hanches de Julie, la guidant plus vite sur lui. « Elle le fait exprès », grogna-t-il, la voix rauque.

« Je sais », souffla Julie, moqueuse et tout aussi excitée. Elle se mit à bouger avec une énergie nouvelle, renvoyant au couple voisin le bruit humide et rythmé de leurs propres unions. Elle se pencha vers l’oreille de Lucas. « Et toi ? Tu t’imagines que c’est elle ? Que c’est sa chatte serrée qui te chevauche ? »

La question, directe et complice, lui arracha un grognement. Il ferma les yeux. Dans l’obscurité de son esprit, le corps qui ondulait au-dessus de lui n’était plus celui de Julie. C’était celui de Camille. Il voyait ses cheveux sombres collés à son front par la sueur, l’expression concentrée et lascive sur son visage d’épouse sage, la courbe pâle de ses seins dansant avec chaque mouvement. Il imaginait la sensation différente, plus étroite, plus avide. Son imagination faisait le reste : il sentait ses ongles s’enfoncer dans les fesses qu’il avait admirées à la piscine, il entendait ses cris à lui, ceux qu’elle arrachait pour de vrai et non pour la galerie.

« Oui », avoua-t-il dans un souffle coupable et brûlant.

De l’autre côté, Camille atteignait des sommets d’audace. Le visage enfoui dans le cou de Théo, elle s’abandonnait pleinement à son fantasme. Chaque poussée de son mari était attribuée, dans l’esprit en feu de Camille, à Lucas. La grosseur qui la remplissait n’était plus celle, familière et tendre, de Théo ; c’était celle, impressionnante et sauvage, qu’elle avait vue entre les cuisses de l’autre homme. Elle se prenait à rouler des hanches avec une véhémence nouvelle, cherchant à reproduire l’angle, la puissance qu’elle imaginait chez lui.

« Plus fort », haleta-t-elle, sans savoir si elle s’adressait à Théo ou à son fantôme. Les gémissements aigus de Julie lui parvenaient, amplifiés par sa propre fièvre. Elle les incorpora à son rêve éveillé : c’étaient *ses* cris à elle que Lucas provoquait. Cette idée, vertigineuse et interdite, fit monter en elle une vague de plaisir si intense qu’elle crut défaillir. Ses doigts s’agrippèrent au dos de Théo comme s’il allait lui échapper.

Les deux couples avançaient ainsi, enfermés dans leurs chambres jumelles mais unis par un dialogue charnel parfaitement synchronisé. Un crescendo d’halètements, de soupirs et du bruit humide et régulier des chairs qui se rencontraient montait dans la villa endormie. Chaque coup porté d’un côté trouvait son écho de l’autre, chaque cri semblant répondre à un cri concurrent. C’était un duel sans vainqueur, une course folle vers un sommet que tous semblaient approcher en même temps, nourris par le feu volé des fantasmes de l’autre.

La tension était devenue palpable, un fil électrique tendu entre les deux lits à travers la pierre poreuse. Camille sentait l’orgasme de Théo monter en lui ; elle le devinait à la raideur de son dos, au rythme saccadé qui remplaçait la cadence régulière. Elle-même était au bord du précipice, son ventre noué par une accumulation brûlante. Mais dans ce jeu trouble où la réalité et le fantasme se mélangeaient, ce n’était plus Théo qu’elle voyait en fermant les yeux très fort.

C’était le visage crispé de Lucas, ses yeux bleus sombres fixés sur elle tandis qu’il la possédait enfin.


Chapitre 6

Le lendemain matin, la lumière crue du soleil perça les persiennes bien avant que Camille n’ouvre les yeux. Le poids de la nuit, de ses mensonges et de ses fantasmes, pesait sur ses tempes comme une couronne de plomb. Dans le lit, Théo s’étirait, déjà alerte.

« Tu viens prendre le petit-déjeuner sur la terrasse ? » murmura-t-il en l’embrassant sur l’épaule.

Une douleur aiguë et opportune lui traversa le front. Elle ferma les yeux, une main sur le visage. « Une migraine… Elle est venue cette nuit. Laisse-moi dormir encore un peu, je t’en prie. »

Théo, toujours attentionné, accepta sans discuter. Peu après, elle entendit le duo des voix de Théo et de Julie dans la cuisine, puis des rires étouffés. Un plan se forma dans son esprit brumeux, aussi clair qu’impératif. Elle attendit, le cœur battant sous les draps, que les bruits s’éloignent.

Lorsque le moteur de la voiture gronda puis disparut au loin, le silence revint, chargé d’électricité. Camille se leva. Elle ne prit pas de peignoir. Elle traversa la maison silencieuse, la peau frissonnante au contact de l’air matinal, et poussa la porte-fenêtre donnant sur le patio.

La piscine était un miroir d’azur immobile, reflétant le ciel déjà brûlant. Elle s’allongea sur un translong, le dos à la chaleur naissante du soleil, face à la ligne des chambres à l’étage. Elle était parfaitement, délibérément nue. La fraîcheur du tissu canné se calqua contre sa peau, accentuant le relief de ses hanches, la courbe de sa poitrine offerte. Elle ferma les yeux, non par pudeur, mais pour mieux aiguiser ses autres sens.

Elle le devina avant de le voir. Une présence derrière la baie vitrée de la chambre d’amis, à l’étage. Un poids du regard qui modifiait la pression de l’air sur sa peau. Camille ouvrit à peine les paupières, juste un furtif battement de cils. Là, dans l’ombre derrière le reflet du ciel sur la vitre, une silhouette se tenait immobile. Lucas.

Un lent sourire effleura ses lèvres. Elle étira un bras au-dessus de sa tête, cambrant légèrement le torse, faisant ruisseler ses cheveux sombres sur le dossier. Le mouvement était un langage en soi, une phrase murmurée à travers l’espace et la pudeur des volets clos. Elle savait qu’il voyait tout : la longue ligne pâle de son flanc, l’ombre douce entre ses cuisses, le point sombre et dur de ses seins qui se dressait peu à peu, non sous le soleil, mais sous l’intensité de ce regard clandestin.

Sa main, paume ouverte, glissa de son ventre plat vers le bas de son abdomen, s’arrêtant juste à la lisière de sa toison. Elle ne se toucha pas. Pas encore. Elle se contenta de laisser ses doigts reposer là, dans un abandon feint, un territoire offert à la cartographie de son imagination… et à la sienne. Elle tourna légèrement la tête sur le côté, comme en quête de fraîcheur, exposant la longue ligne de son cou. Elle était certaine, à présent, qu’il ne dormait plus. Qu’il était là, captif derrière sa fenêtre, retenant son souffle, et que la distance qui les séparait n’était plus qu’une fragile formalité, déjà rongée par la chaleur de leurs désirs croisés. L’attente, à présent, était palpable, un fil tendu à se rompre entre sa peau offerte et son regard avide.


Chapitre 7

Lentement, ses doigts abandonnèrent le territoire neutre de son ventre pour se déployer, paumes ouvertes, sur la peau sensible de ses cuisses. Le frisson qui suivit n’était pas feint. Elle entrouvrit les cuisses, juste un peu, offrant une vision plus nette de l’ombre sombre et soyeuse entre ses jambes au regard invisible de l’étage. Un souffle rauque, qu’elle entendit plus qu’elle ne le comprit, traversa le silence. Il avait bougé.

Le courage, ou la folie, l’envahit alors. Un doigt, le majeur, traça un chemin léger, sinueux, le long de son pli intime. Un contact à peine là, un effleurement qui fit courir une onde de feu jusqu’à son ventre. Elle laissa échapper un soupir, audible cette fois, qui se mêla au bourdonnement des insectes. Sa main s’attarda, se fit plus insistante. Du bout des doigts, elle écarta ses lèvres, découvrant le point dur et sensible de son clitoris, gonflé par l’attente et le spectacle qu’elle offrait. Un premier cercle, lent, précis. Sa hanche se souleva d’elle-même, cherchant la pression.

Derrière la vitre, l’ombre disparut.

Le cœur de Camille cogna contre ses côtes. Elle ne cessa pas son mouvement, au contraire. Elle ajouta un second doigt, glissant plus bas, trouvant l’entrée humide et chaude de son sexe. Elle s’y enfonça d’une phalange, le souffle coupé par la sensation immédiate, intense. Ses yeux étaient fermés, mais tous ses autres sens étaient tendus vers l’approche qu’elle devinait.

Le bruit des sandales sur les graviers du jardin fut à peine perceptible. Puis plus rien. Elle sentit son ombre avant de le voir, bloquant le soleil, chargeant l’air d’une présence électrique.

Elle ouvrit les yeux.

Lucas se tenait au bord du translong, immense et silencieux. Il n’avait pas pris le temps de s’habiller. Un simple short de bain moulant enveloppait ses hanches, ne laissant aucun doute sur l’effet de son spectacle. Son regard, d’un bleu électrique, dévorait son corps étalé, s’attardant sur sa main enfouie entre ses cuisses, sur la lueur de sa peau mouillée captant la lumière.

« Tu regardais », murmura-t-elle, sans cesser son mouvement, accentuant au contraire le va-et-vient de ses doigts en elle.

Il ne répondit pas. Il tomba à genoux sur le gravier, à côté d’elle. L’odeur de son propre désir, de l’eau de piscine et du soleil chaud sur sa peau forma un mélange enivrant. D’une main tremblante de retenue, il attrapa son poignet et le retira doucement de son sexe. Il porta ses doigts brillants à ses lèvres, sans quitter ses yeux, et les lécha lentement, savourant son goût.

Le gémissement qui s’échappa de Camille était primal.

Puis il se pencha. Sa bouche remplaça sa main avec une avidité qui la fit sursauter. Il n’y eut pas de préliminaires doux, mais une prise de possession immédiate et experte. Sa langue, large et ferme, traça un sillon brûlant sur son clitoris avant de s’enfoncer en elle, explorant, goûtant, réclamant. Ses mains agrippèrent ses hanches, les maintenant offertes à son assaut. Camille cria, les doigts s’enfonçant dans ses cheveux épais, arc-boutée sous la puissance de cette bouche qui la dévorait.

Il la faisait monter avec une rapidité terrifiante, chaque coup de langue un ascenseur vers un précipice qu’elle avait tant retardé. Elle se sentait fondre, se liquéfier sous la chaleur méditerranéenne et cette langue qui ne demandait rien d’autre que sa soumission.


Chapitre 8

Camille était en feu, chaque coup de langue de Lucas un prélude de ce qu’elle voulait ardemment. Elle gémissait, les doigts crispés dans ses cheveux, le bassin soulevé pour s’offrir davantage à cette bouche vorace. La promesse, enfin palpable, de ce qu’elle avait espionné et convoité depuis trois jours l’électrisait. Quand il releva enfin la tête, son menton luisant de son nectar, ses yeux étaient deux braises bleues de désir triomphant.

D’un geste vif, elle se redressa, le poussant en arrière pour qu’il s’assoie sur le gravier chaud. Elle était à genoux face à lui, son souffle court. Son regard ne quitta pas le sien lorsqu’elle glissa ses doigts sous l’élastique de son short de bain. La toile humide céda, libérant enfin l’objet de tous ses fantasmes.

Il était encore plus imposant que dans la pénombre de la chambre, monumental à la lumière crue du soleil. Une veine sinueuse battait sur sa longueur, la peau tendue comme du satin chaud sur une masse de puissance. Camille en eut le souffle coupé. Puis, sans une seconde d’hésitation, elle se jeta sur lui.

Elle l’embrassa d’abord, sa bouche se refermant sur le gland large et pourpre, goûtant le sel de sa peau et le reste de son propre désir. Un grognement profond lui répondit. Elle enroula ses doigts autour de la base, à peine capable d’en faire le tour, et commença à le lécher avec une avidité de mourante de soif. Du gland au frein, le long du tronc palpitant, elle explorait chaque centimètre avec sa langue, ses lèvres, murmurant des mots incohérents de convoitise assouvie.

« Je l’ai tellement voulu… tellement regardé… » haleta-t-elle entre deux baisers brûlants sur son sexe.

Elle prit enfin toute sa longueur en bouche, ou du moins tenta, sa mâchoire forcée à s’ouvrir au maximum pour accueillir cette circonférence qui la défiait. C’était étouffant, exigu, absolument enivrant. Elle sentait chaque frémissement de ses muscles sous ses lèvres, chaque pulsion de son désir au fond de sa gorge. Sa propre chatte ruisselait, vide et affamée, à l’idée de ce qui allait suivre. Elle suça avec une ardeur sauvage, les mains agrippant ses cuisses puissantes, laissant la salive couler le long de ses doigts, s’abandonnant totalement à la domination physique de ce sexe qu’elle avait tant idolâtré.


Chapitre 9

Une faim plus large, plus profonde, la tenaillait. Elle leva les yeux vers lui, une supplication muette. Il comprit. D’une main ferme, il la saisit par la taille et la fit pivoter.

« À genoux, contre le transat », ordonna-t-il, sa voix rauque de désir.

Camille obéit, le cœur battant à tout rompre. La toile du transat était encore chaude sous ses paumes. Elle arqua le dos, offrant ses courbes à la lumière déclinante. Lucas se plaqua contre elle, son torse en sueur collant à son dos. Elle sentit le bout de son sexe, brûlant et dru, chercher son entrée. Elle était si trempée, si ouverte, qu’il s’enfonça d’un seul coup puissant, arrachant un cri rauque à Camille.

Il la prenait avec une force qui la pliait, chaque poussée la propulsant contre l’assise du transat qui grinçait sous le choc. Ses mains agrippaient ses hanches, la maintenant en place pour recevoir toute sa longueur. La sensation était écrasante, divine. Elle était parfaitement remplie, étirée, possédée par l’objet même de son obsession. Chaque va-et-vient brutaux frottait son point le plus sensible. L’excitation accumulée durant des jours, la tension de l’exhibition, la transgression pure, tout convergea en un point de feu dans son ventre.

Le plaisir monta, inexorable, foudroyant. Elle ne put ni le retarder ni le modérer. En quelques coups à peine, un spasme violent la secoua, son corps se contractant violemment autour de lui. Un gémissement long et brisé s’échappa de ses lèvres tandis que la vague la submergeait, la laissant tremblante et fébrile, les jambes molles.

Sentant son orgasme, Lucas lâcha un grognement animal. Son rythme devint frénétique, sauvage. Il s’enfonça une dernière fois, à fond, et Camille sentit son sexe palpiter en elle, un jet chaud et dru qui la remplissait alors qu’il se vidait avec un souffle rauque contre son cou.

Ils restèrent un instant figés, haletants, collés l’un à l’autre par la sueur et les fluides partagés. Puis, le bruit d’une portière de voiture qui claquait, suivi de voix joyeuses et familières, fusa depuis l’allée gravillonnée.

La panique glaça instantanément leur torpeur post-orgasmique. D’un mouvement synchronisé, Lucas se retira, laissant Camille vacillante. Elle attrapa sa chemise de nuit en boule sur le gravier et s’en couvrit à la hâte, épongeant rapidement entre ses cuisses. Lucas enfila son short en une seconde, cachant le désordre évident.

Lorsque Théo et Julie apparurent au détour de la haie, chargés de sacs de courses, ils les trouvèrent assis côte à côte sur le transat, un peu rouges, respirant un peu fort.

« Vous avez profité du soleil ? » lança Théo, souriant.

Camille parvint à rendre son sourire, espérant que la lueur coupable dans ses yeux passe pour de la fatigue. « Oui, il était divin. »